CHANT D'UN BANNI
{Poésie allemande, — w. nolte)
Me voilà seul, debout dans la tranquille niilt, Sous la voûte du ciel, notre futur domaine; Hors le regard de Dieu, nul regard ne me suit ; Je n'entends plus les voix de la tourmente humaine.
Si là-haut quelque étoile a pitié de mon sort. Qu'elle me luise enfin sereine et souriante!
Je voudrais tant guider ma voile vers le port! Étoiles! montrez-vous pour que je m'oriente!
120 OEUVRKS D'EMILE DESCHAMPS.
D'aucun côté ne s'offre un asile, un seul coin Contre la faim livide et les ours à rœil fauve. Dans Tobscure forêt poussé toujours plus loin, Pâle et furtif, j'ai Tair d'un spectre qui se sauve.
Mais, pires que la faim et les monstres des bois, Les hommes se sont mis, hélas I à ma poursuite ; Ils me pressent ainsi que le cerf aux abois.
Que les cruels tueront peut-être dans sa fuite.