‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 64 sur 168 · A QUELQUES CENSEURS · texte numérisé non relu

A QUELQUES CENSEURS

Eh quoi! les effrayants bouquets de Baudelaire Susciteraient des lois l'équitable colère!... Non, messieurs, — le Réel est ici le sujet; En brisant le miroir détruirait-on l'objet?

La peinture, après tout, n'est point Tapologie. Le danger radical, c'est une sale orgie Masquée en beau gala ; c'est l'onduleux serpent. Qui caresse et qui bave et s'élève en rampant ; Le danger radical, c'est la page hypocrite Pensée avec le fiel, avec le musc écrite; C'est l'ongle venimeux qui sortira d'un gant ; C'est l'ulcère que couvre un satin élégant; C'est au théâtre impur une mielleuse enseigne; Voilà ce dont tout cœur et se révolte et saigne. S'il est encor trempé du sacre baptismal.

Mais le livre qui grave à son front : Fleurs du mal, Ne dit-il pas d'abord tout ce qu'il porte au ventre? Aux couvents, aux salons son nom défend qu'il entre. Et , — sombre exception ! — comme certain traité Des docteurs de l'Église ou de la Faculté,

Page 1