‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 73 sur 168 · LE CHANT DU MAGGIAR · texte numérisé non relu

LE CHANT DU MAGGIAR

J'ai vu les blancs reflets du sabre, Les vifs éclairs sous les sabots De mon cheval quand il se cabre :

Ils étaient beaux ! — J'ai vu la lueur de l'aurore Couronner le chaume natal; Certe, elle était plus belle encore Dans tout son luxe oriental. — Mais j'ai vu la noire étincelle Dans l'œil de l'amante fidèle...

Et c'est le rayon le plus doux De tous !

Sentinelle, Prenez garde à vous I

J'ai vu les feux du camp dans l'ombre; Les mousquets, comme des flambeaux.

S'allumer, courir en grand nombre ;

Ils étaient beaux I — J'ai vu dans l'âtre qu'elle dore La bûche de Noël brûler; Certe, elle était plus belle encore; Qui n'aime à se la rappeler? — Mais, d'amour la flamme immortelle Au cœur de l'amante fidèle...

Ah ! c'est là le feu le plus doux De tous I

liO GEUVRES D*ÉMILE DESGHAMPS.

Sentinelle, Prenez garde à vous!

Dans le ciel brun glisse la lune...

Maintenant, sous ses vils lambeaux.

L'indigent rêve de fortune.

Songes bien beaux! — Couché près de son luth sonore.

Le barde rêve d'un laurier. Chimère bien plus belle encore...

Puisse-t-il ne pas s'éveiller! — C'est demain bataille nouvelle ; Rêvons à l'amante fidèle...

Voilà le songe le plus doux De tous!...

Sentinelle, Prenez garde à vous!

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