M. J. Marbcau
138 GEUVBES D'ÉMlLË DESCHÂHPS.
Vous garde, chers enfants, jusqu'au sein maternel.
De la famille absente image intérimaire,
La crèche, du foyer prolongeant les douceurs,
A chacun vous prête des sœurs
Et vous improvise une mèrel
Ce quMl faut faire, afin d'inaugurer ce lieu,
Qui le sait mieux que vous, mesdames!
Le saint amour du bien, que vous tenez de Dieu, Vous le propagez dans nos âmes...
Vers les berceaux, aux cris vainqueurs, Marchez — on vous suivra — comment ne pas vous suivre? Demandez-nous pour ceux qui demandent à vivre :
La réponse est dans tous les cœurs.
Manne du ciel, fertile oasis dans le sable, La charité, si douce à tous les fronts plies. C'est le miracle encor des pains multipliés, La flamme inextinguible et Tonde intarissable. Chaque fois que ses mains viennent à s'entr'ouvrir. Elle en laisse tomber les plus célestes choses. Comme un jeune rosier qui, sûr de refleurir.
Prodigue à tous les vents ses roses I
Et dans leurs prières, leurs jeux.
Les beaux petits enfants, sous leurs rideaux de toile. Vous béniront, sachant que votre douce étoile
Argenté leur ciel nuageux.
Et notre saint patron, dont la pieuse étreinte
Fut la part de tant d'orphelins, Heureux de voir son œuvre égalée... et restreinte.
De voir ses hospices moins pleins.
Se penche vers la crèche ; il Taime, il nous seconde. Et les échos des cieux redisent, triomphants :
Un Enfant-Dieu sauva le monde.
Et le monde aujourd'hui sauve tous les enfants!
Et nous, donnons encor, donnons pour que la crèche L'hiver soit toujours chaude et l'été toujours fraîche !