‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 86 sur 168 · SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

SAINTE CATHERINE

L'évêque reçut d'eux ce beau corps que la terre Respecta cinq cents ans, et, dans un saint mystère. Le parfuma trois fois au feu de l'encensoir.

Puis, il baisa le bout des ailes angéliques Qui balayaient le marbre en glissant sous la nef, Puis, la cloche éveilla les frères catholiques. Qui tous, de Catherine adorant les reliques, Répondirent Amen aux oraisons du chef.

« Sainte Catherine, la vierge, Oui résistâtes seule au second Maximin, Reléguant dans sa pourpre un empereur romain, Afin de rester pure et libre sous la serge,

Tendez-nous du ciel votre main l

ce Sainte Catherine, savante.

Qui, dans Alexandrie et du sang de ses rois.

Aux rhéteurs de l'école enseignâtes la croix. Tant vous étiez de Dieu la parole vivante,

Prêtez-nous là-haut votre voix I

« Sainte Catlierine, martyre.

Oui, sur la roue infâme, au plus fort des tourments. Confessâtes Jésus et ses commandements.

Priant pour vos bourreaux au lieu de les maudire,

Priez pour nous à tous moments l

« Sainte Catherine, l'étoile La plus blanche qui soit dans le septième ciel. Splendeur, flamme invisible à l'œil matériel. De votre éclat brûlant, oh ! dépouillez le voile

Pour sourire sur votre autel! »

Comme l'évêque-abbé cessait la litanie.

Ils placèrent la sainte en une châsse d'or,

Et, pour glorifier sa mémoire bénie,

Lui votèrent la fête et la cérémonie

Que, dans tous les clochers, on carillonne encor.

Quand, le ciel nous aidant, il nous reprend Tenvie De juger Catherine aux actes de sa vie, Ce qui frappe surtout, et surtout lui valut, Son martyre excepté, la palme du salut.

C'est l'ineffable accord, l'harmonique alliance De tant de modestie et de tant de science, Comme si, dans cette âme humble avec Jésus-Christ, Pénétrait un brillant rayon du Saint-Esprit.

Elle savait qu'il faut que toutes les lumières Remontent vers le ciel à leurs sources premières; Que la science humaine, elle seule, est bien peu. Et que c'est tout savoir que de connaître Dieu.

De là vient qu'elle fut, pour l'église fidèle. Des enfants de son sexe et patronne et modèle, Et que la docte sainte, en ses divins loisirs. Ainsi que leurs travaux ordonne leurs plaisirs.

Écolières gentilles, Dont la grâce fleurit à l'ombrer des couvents.

Pour les chastes quadrilles Quittez la robe brune et les livres savants;

Car, du haut de son trône.

Qu'au travers du martyre elle a conquis jadis.

Votre douce patronne Vous obtient, pour sa fête, un jour de Paradis!

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