‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 85 sur 168 · SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

SAINTE CATHERINE

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Écolières gentilles, Dont la grâce fleurit à l'ombre des couvents,

Pour les chastes quadrilles Quittez la robe brune et les livres savants;

Car, du haut de son trône.

Qu'au travers du martyre elle a conquis jadis,

Votre douce patronne Vous obtient, pour sa fête, un jour de Paradis.

Mais, dans ce jour riant de vacance lutine, Ayez mémoire encor de sainte Catherine, Et dites : — Nous aussi, plutôt que de pécher. Bien jeunes pour la mort, nous irions la chercher.

Or, des chrétiens, captifs sur la rive africaine, Qui labouraient le sol sous les fouets sarrasins, Heurtèrent dans le sable une tombe romaine.

Ce qu'elle contenait, leurs dix bras, à grand'peine, L'allèrent déposer sous trois palmiers voisins.

Et de la mort l'un d'eux ayant ouvert les langes : « Gardons que ce dépôt, dit-il, ne soit trahi I » Et tous cachaient le corps, lorsqu'une troupe d'anges Descendit, de la sainte entonnant les louanges. Et l'emporta bien loin sur le mont Sinaï.

Là, s'élevaient les murs d'un très-vieux monastère ; Lu, les oiseaux divins s'abattirent, le soir.

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