ÉTRENNES
De farouches Brutus prenant Tair du bureau.
Des grands seigneurs n'ayant d'élevé que la tête,
Ou des Grésus faisant la quête; De vieux nains chicanant la taille des héros. L'envie avec son fiel, rampant jusques au faite, L'égoîsme parlant d'intérêts généraux.
L'ignorance pédante et tranchant du prophète ;
Des saints... qui seraient des bourreaux,
Et d'anciens mouchards... libéraux;
Puis, le génie en proie aux bêtes.
Et la plèbe criant haro
Sur la couronne des poètes, .
Et dans les bals, comme au barreau.
Les hommes moins polis, sans être plus honnêtes ;
Et nos jeunes gens à conquêtes Laissant leurs dames là pour celle de carreau; Le frais amour traité de fable surannée ; Devant le pauvre à jeun, sur les bornes tremblant, Le dandysme, en traîneau, sous ses poils s'étalant ; Par le vice enrichi la loyauté bernée ;
La palme, en vingt lieux, décernée A qui prouve n'avoir ni vertu, ni talent;
Quelque duchesse un peu fanée . Promenant un bel indolent ;
L'agiotage calculant A tant chaque malheur, le gain de sa journée; L'opinion à droite, à gauche s'en allant.
Comme la girouette à tous les vents tournée; Sous son manteau troué le sage se voilant;
L'ingratitude déchaînée, Contre les dieux tombés armant son dard sifflant.
Telle qu'une guêpe acharnée
Sur un lion qui saigne au flanc...
Enfin, rien de nouveau pour la nouvelle. année!
LORD OLLFAND