‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 21 sur 164 · AU PEUPLE ROMAIN · texte numérisé non relu

AU PEUPLE ROMAIN

Quô, quô, scelesti, ruitis, etc.

Arrêtez! arrêtez! où courez-vous, barbares?

Tous, le glaive nu dans la main I Quoi! Neptune et ses bords avares

Ne sont-ils pas rougis d'assez de sang romain ?

Encor, s'il eût coulé dans les murs de Carthage

Aux feux latins abandonnés!

Ou pour conduire, insigne otage, Dans le chemin sacré les Bretons enchaînés !

Mais non (et pour le Parthe, ô Rome! quelle joie!) Dans ton sang ton bras s'est plongé !... L'ours de l'ours ne fait pas sa proie,

Le tigre ne meurt point par le tigre égorgé.

Romains, qui vous égare? Est-ce un démon farouche?

Le crime ? une aveugle fureur?

Parlez. — Ils se taisent, leur bouche Tremble; leur front stupide a pâli de terreur.

N'en doutons plus ; Rémus, victime fraternelle. Dénonça Rome aux dieux puissants.

De qui la vengeance éternelle

Poursuit le meurtrier sur ses fils innocents!

A GROSPHUS

Olium divos, etc.

Lorsque la sombre nuit, de tempêtes chargée.

Dérobe aux matelots leurs guides radieux, Le voyageur, battu par les flots de TJîgée, Demande le repos aux dieux.

Que demande, Grosphus, et la Thrace indomptée, Rt le M(Me aux longs dards? c'est le repos encor, Que Ton n'achète point par la perle argentée, Ni par la pourpre ni par l'or.

Non ; les trésors des rois, les faisceaux consulaires N'écartent point des cœurs les soucis abhorrés. Noir essaim, qui, fuyant les chaumes populaires. Vole sous les plafonds dorés.

Heureux qui sait orner la table paternelle De la salière antique et d'humbles fruits vermeils! L'avarice et la peur, sa compagne éternelle, N'abrègent point ses doux sommeils.

Pourquoi charger de soins nos heures passagères? Sous des astres nouveaux pourquoi tant s'agiter? Quel sombre fugitif aux rives étrangères A pu soi-même s'éviter?

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