‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 20 sur 164 · CINQ ODES D'HORACE · texte numérisé non relu

CINQ ODES D'HORACE

PROPUÉTIB DE NÉRÉE

Pastor cum traluret , etc.

Quand Paris emportait sur ses lâches vaisseaux La fille de Léda, parjure à Thyménée, Nérée au loin fit taire et les vents et les eaux Pour chanter au Troyen la dure destinée :

<r Celle que tu conduis aux palais paternels, De tous les Grecs ligués y porte la colère ; Ils briseront d'un coup vos amours criminels, Et du vieux roi Priam le sceptre séculaire.

Des guerriers, des coursiers quelle sueur, hélas l Tombe l — pour Ilion quels deuils et quel outrage ! Du casque échevelé déjà s'arme Pallas; Tout est prêt, son égide, et son char, et sa rage!

Protégé de Vénus tes longs cheveux dorés En vain se poliront sous l'ivoire ou l'ébène; En vain flans tes concerts, des femmes adorés, Tu marîras tes chants à la lyre thébaine;

Contre les dards crétois, contre Ajax frémissant. Tu chercheras en vain ton lit aux doux mystères. Un jour, — trop tard, hélas! — dans laVange et le sang Seront traînés sept fois tes cheveux adultères I

Vois-tu pas Mérion suivre ses javelots, Entends-tu pas courir, ardent à ton supplice, I. 4

Teucer de Salamine, et Nestor de Pylos, Et ce grand inventeur des trahisons, Ulysse!

Tu verras Stélénus, redoutable assaillant Habile à diriger les coursiers et la lance ; Voilà, plus que son père et terrible et vaillant, Diomède, en fureur, qui t'appelle et s'élance

Et toi, pareil au cerf qui des prés savoureux

Fuit, quand le loup, de loin, a hurlé dans la plaine,

Tu fuiras, oubliant tes festins amoureux.

Et les exploits menteurs promis à ton Hélène!

Achille, désarmant ses vaisseaux courroucés, D'Agamemnon vengeur reculera la proie, Mais, les temps accomplis, par le destin poussés, Les feux grecs brûleront les grands palais de Troie I

A VALGIUS

A'cwt semper imbres, etc.

Les fleuves sous de froides chaînes Ne sont pas captifs en tout temps.

Ni du mont Gargan les vieux chênes Sans cesse battus des autans.

De Tonde méditerranée Voit-on la tempête obstinée •

Toujours soulever la fureur?

Ou, dans les plaines fécondées.

Chaque mois les lourdes ondées Noyer l'espoir du laboureur.

Et toi, sur Mystès que t'enlève, Valgius, le cruel destin.

Tu pleures quand Vesper se lève, Quand sourit l'astre du matin.

CINQ ODES D'HOBACK. 01

LVieu] Nestor eut moins de larmes Pour Antiloque, par les armes Moissonné si jeune et si beau; Et la tendresse maternelle N'a point d'une plainte éternelle Honoré Troïle au tombeau...

Viens! que tes douleurs étouffées N'osent plus amollir ton cœur I Et chantons les nouveaux trophées De César, clément et vainqueur !

Le Ntphate à sa voix hardie Et le grand fleuve de Médie Abaissant leurs flots subjugués; Et, dans les étroites barrières Prescrites par ses mains guerrières, Les coursiers gelons relégués I

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