‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 41 sur 164 · A MADAME CAROLINE C · texte numérisé non relu

A MADAME CAROLINE C

'(pour SpN DÉPART A DIBPPB)

Vous partez ! je ne vous dis pas Que de larmes Paris dépense; Mais dites-moi donc à quoi pense Le maire de Dieppe, là-bas?

Quand, d'une façon trop civile, 11 vous appelle dans son port,

Il devrait calculer le tort

Que vous allez faire à la ville.

Là de tout temps on débarqua

Les gens qu'une fièvre incommode:

Us guérissaient, charmante mode.

En vingt bains et trente polka.

Puis, ils payaient, — c'était commode! —

Mais, à semblable rendez-vous.

Au bord de sa baignoire amère.

Rencontrer vos regards si doux ^

Et vouloir guérir, — c'est chimère!

Aussi, bourgeois et grands seigneurs,

Banquiers même, tout extravague,

On voit s'enflammer sous la vague

Le peuple frileux des baigneurs.

Ce mal devient irréparable ;

Plus d'un étranger, bien souvent

Fort peu malade en arrivant»

Chez lui s'en retourne Incurable...

Tout cela n'est pas engageant;

Dieppe y perd sa récolte entière ;

A vos bains porter son argent,

C'est le jeter à la rivière.

Puis, aux baigneuses de Paris,

Montrer Dieppoise si jolie.

L'attention n'est pas polie.

Qu'on ne soit donc pas trop surpris

Si, désormais, toutes nos dames,

Même pour quitter leurs maris.

S'exposent beaucoup moins aux lames,

Et regardent bien plus au prix !

Pressé par des raisons si fortes.

Monsieur le maire, en vérité, .

Devrait prendre un bon arrêté.

Afin qu'on vous fermât les portes ; Sans quoi les afiTalres sont mortes.

Et Dieppe à la mendicité !

LE RETOUA DU CHATELAIIN. 9^

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