CHANT DE MIGNON
{Poétie allemande. — schillbr)
La connais-tu cette contrée Où fleurissent les citronniers.
Où sous les soleils printaniers S'enflamme l'orange dorée?
Un vent doux soufiQe du ciel bleu.
Le myrte penche un front débile; Tout repose, et dans l'air en feu Le laurier s'élève immobile...
La connais-tu? c'est là que je voudrais, un jour, Aller avec toi, mon amour 1
La connais-tu cette demeure Dont cent colonnes sont les murs?
Les salons brillent clairs et purs, La chambre étincelle à toute heure; Et, sur leurs grands socles debout, Les marbres, rangés en famille, Me regardent... puis tout à coup :
« Que vous a-t-on fait, ô ma fille? »
La connais-tu? c'est là que je serais si bien Avec toi, mon ange gardien I
La connais-tu cette montagne Dont le front fume dans l'azur, Où le mulet de son pied sûr