‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 59 sur 164 · A MIGNON · texte numérisé non relu

A MIGNON

(Poésie cUlemande, — qœthb)

Dans les deux qui font silence Du soleil le char s'élance.

Ah ! faut-il que dans son cours Il redouble encor mes peines Et les tiennes 1...

C'est ainsi de tous les jours.

La nuit même, plus de trêves:

Je conserve dans les rêves Le secret de ma douleur ; Des fantômes de nos peines

Mes nuits pleines Me rejettent au malheur.

Des vaisseaux que les vents chassent Sous mes yeux les voiles passent; Vers son port chacun s'en va; Mais au cœur il est des peines

Surhumaines Que nul vent n'emportera.

Aujourd'hui pourtant j'apprête Mes plus beaux habits de fête ; Car c'est fête pour eux tous.

Ils ignorent quelles peines

Sont les miennes, Quel mystère est entre nous.

Ma pauvre âme se déchire ; Mais, voyez, je sais sourire Et montrer un joyeux front...

A quand la fôte où mes peines

Et les tiennes Avec nos jours finiront?

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