‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 95 sur 164 · TOBIE · texte numérisé non relu

TOBIE

C'est toi, mon fils, car j'enteads bien ta voix ! Que ton absence eut de jours et d'alarmes !

Ton père aveugle a des yeux pour les larmes, Larmes d'angoisse et d'ivresse à la fois.

Oh I parle encor ! — Quand je t'écoute

J'ai comme une image de toi ;...

Mais tout est noir... Mon Tobie est sans doute Plus beau qu'un ange, et ce n'est pas pour moi !

Hélas ! Quel baume d'Arabie,

Un seul jour, me rendra mes yeux

Pour voir les cieux

Et mon Tobie !

L'ange de Dieu, qui te ramène au port.

Ne peut-il point d'une céleste flamme Percer la nuit où s'engloutit mon âme?

Car voir, c'est vivre — un aveugle est un mort ! Mais... tes doigts touchent ma paupière, Qui s'ouvre au feu de ton amour I Mon fils, je vois! je vois 1 c'est la lumière! " Tu m'as rendu la vie avec le jour !

Ma longue épreuve est donc subie I Oh I double trésor de mes yeux ! •

Je vois les cieux

Et mon Tobie !

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