SCÈNE PREMIÈRE
GBORGB DANDIN, seul.
Ah l rétrange embarras que femme demoiselle ! Et que mon mariage en ses ennuis recèle Une leçon parlante à tous les paysans Qui veulent s'élever, pour des riens séduisants, Au-dessus de leur rôle, et s'allier tout comme J'ai fait, à la maison du moindre gentilhomme ! La noblesse est très-bonne en soi, sans la flatter, Oui, mais il est très-bon de ne s'y point frotter ! J*en ai trop vite acquis la science funeste.
Et je connais le ton des nobles que de reste. Lorsque dans leur famille ils nous laissent entrer, ~ Déboire sur déboire il nous faut rencontrer.
L'alliance qu'ils font n'est point de nos personnes. Et c'est notre bien seul qu'ils épousent. — Tu donnes. Pauvre George Dandin, plus que l'on ne te rend. J'aurais beaucoup mieux fait, sans renier mon rang. Tout riche que je suis en or et métairie.
D'épouser en bon lieu de paysannerie.
Que d'aller prendre ainsi femme au-dessus de moi, Qui rechigne à porter mon nom, et, par ma foi, Pense que tous mes biens ne me valent qu'à peine L'honneur de m'appeler son mari. — Quelle aubaine I Ahl ahl George Dandin l George Dandin, mon cherl C'est un terrible honneur qui vous coûte fort cher!
Et VOUS avez fait là, s'il faut qu'on vous le dise, La plus impardonnable et plus grosse sottise I... Ma maison me devient effroyable à présent, Et je n'y rentre plus sans quelque ennui cuisant.