‹ Œuvres complètes de Emile Deschamps (volume 5)Chapitre 121 sur 159 · CLITANDRE, M. DE SOTTENVILLE, GEORGE DANDIN · texte numérisé non relu

CLITANDRE, M. DE SOTTENVILLE, GEORGE DANDIN

M. DE SOTTENVILLE, à Clitandre.

Monsieur, suis-je de vous connu?

CLITANDRE

De moi ? — Non pas, monsieur, que je sache.

M DE SOTTENVILLE.

On m'appelle Baron de Sottenville.

CLITANDRE

Ah I... très-bonne nouvelle !

M. DE SOTTENVILLE .

Mon nom est bien en cour. Tout jeune et tout flambant. J'eus, des premiers, l'honneur d'être à Tarrière-ban De Nancy.

CLITANDRE

C'est fort bien

GEORGE DANDIN. 277

M. DE SOTTENVILLE.

Dans la guerre civile, Monsieur mon père, Jean-Gilles de Sottenville, Signala sa valeur et sa fidélité En plus de vingt combats.

J'en suis fort enchanté.

M. DE SOTTENVILLE .

Et mon aïeul, Bertrand de Sottenville, eut même, Tant le roi l'estimait, l'avantage suprême D'être admis, par édit, à vendre tout son bien Pour le suivre outre-mer.

CLITANDRE

Je le veux croire.

M. DE SOTTENVILLE.

Eh bien!

On m'a conté, monsieur, que vous aviez dans l'âmae Un amour très-hardi pour une jeune femme Qui n'est rien que ma fille, à qui donc je me doi. Comme à l'homme que, là, vous voyez près de moi. Lequel a depuis peu l'honneur d'être mon gendre.

CLITANDRE

Qui? moi?...

M. DE SOTTENVILLE.

Vous, et je suis aise de pouvoir prendre S'il vous plaît, de vous-même un éclaircissement De la chose.

CLITANDRE

L'étrange invention vraiment l Et que les médisants se mettent en dépense!

Qui vous a dit cela, monsieur?

M. DE SOTTENVILLE.

Quelqu'un qui pense Le bien savoir, monsieur.

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