CLITANDRE, M. DE SOTTENVILLE, GEORGE DANDIN
M. DE SOTTENVILLE, à Clitandre.
Monsieur, suis-je de vous connu?
CLITANDRE
De moi ? — Non pas, monsieur, que je sache.
M DE SOTTENVILLE.
On m'appelle Baron de Sottenville.
CLITANDRE
Ah I... très-bonne nouvelle !
M. DE SOTTENVILLE .
Mon nom est bien en cour. Tout jeune et tout flambant. J'eus, des premiers, l'honneur d'être à Tarrière-ban De Nancy.
CLITANDRE
C'est fort bien
GEORGE DANDIN. 277
M. DE SOTTENVILLE.
Dans la guerre civile, Monsieur mon père, Jean-Gilles de Sottenville, Signala sa valeur et sa fidélité En plus de vingt combats.
J'en suis fort enchanté.
M. DE SOTTENVILLE .
Et mon aïeul, Bertrand de Sottenville, eut même, Tant le roi l'estimait, l'avantage suprême D'être admis, par édit, à vendre tout son bien Pour le suivre outre-mer.
CLITANDRE
Je le veux croire.
M. DE SOTTENVILLE.
Eh bien!
On m'a conté, monsieur, que vous aviez dans l'âmae Un amour très-hardi pour une jeune femme Qui n'est rien que ma fille, à qui donc je me doi. Comme à l'homme que, là, vous voyez près de moi. Lequel a depuis peu l'honneur d'être mon gendre.
CLITANDRE
Qui? moi?...
M. DE SOTTENVILLE.
Vous, et je suis aise de pouvoir prendre S'il vous plaît, de vous-même un éclaircissement De la chose.
CLITANDRE
L'étrange invention vraiment l Et que les médisants se mettent en dépense!
Qui vous a dit cela, monsieur?
M. DE SOTTENVILLE.
Quelqu'un qui pense Le bien savoir, monsieur.