DEUXIÈME PARTIE
{Muse française, 1824) *
Lorsque la paix générale est signée, que chaque peuple est rentré chez soi et que les armées sont^ans les casernes, c'est le bon moment pour les discordes civiles. Les partis s'organisent, les factions se remuent, la société se divise en deux camps; on marche je ne sais où, on se reproche je ne sais quoi, on s'enflamme pour des théories politiques qui devraient endormir tout le monde; les chefs échangent entre eux de mauvaises paroles, et les séides de mauvais coups; on se dispute très-fort dans les salons, on se tue un peu dans les rues, les honnêtes bourgeois n'osent plus sortir de chez eux passé midi... Alors les armées sortent de leurs casernes, se rangent toutes d'un côté, tombent sur l'autre, ne lui font pas grand mal, lui font grand'peur, et tout est dit. Mais la guerre a cessé et non pas la haine. Repoussés du terrain politique, les combattants se poursuivent dans l'arène religieuse ou dans le champ littéraire, comme des duellistes que la gendarmerie a dispersés et
1. Cet article est antérieur à la préface des Etudes; il en est comme une première ébauche ; l'auteur l'avait, ainsi que la préface, omis dans \q classement de ses œuvres.