TESTAMENT
« Ceci est ma dernière volonté : je donne et lègue à « mon amie Rose D*** les huit cent mille francs qui « me reviennent de la succession de ma mère, à la a condition qu'elle épousera le vicomte Gustave « de N***.
« Paris, le 16 octobre 1869.
« Signé Amélie de B***. »
a Elle savait que nous nous aimions, » s'écrièrent ensemble Rose et Gustave !... et ce fut le premier aveu qu'ils s'en firent eux-mêmes. »
Après le récit qui me fut fait de cette aventure, sur le tertre voisin de la tombe d'Amélie, je suivis longtemps des yeux Gustave et Rose. Jamais douleur et amour si vrais n'ont été peints sur des figures mortelles.
Gustave éprouve la plus belle félicité de ce monde : il va élever jusqu'à son rang une jeune fille qui est à sa hauteur par la nature.
. Et je rentrai dans la grande galerie du château, où j'écrivis au crayon, sur un livret, cette douloureuse et consolante histoire d'amour, devant laquelle disparurent, un instant, l'histoire de douze règnes et les merveilles du génie.
ISABELLE. n\
{Conte).
Dans un pays et dans un temps bien loin des nôtres, comme la suite le prouvera, il était une fois un roi... et non une reine. Le prince Romuald avait à peine dix-huit ans quand il monta, les larmes aux yeux, sur le trône de son père, mort à Antioche, dans les guerres de la dernière croisade. Voilà bientôt cinq ans qu'il régnait par la justice et la douceur, et les savants de son royaume l'appelaient le Titus du Nord, avec d'autant plus de raison que, lui aussi, n'avait pas de goût pour un mariage politique, et qu'il paraissait prédisposé aux Bérénices.
Ses courtisans et ses conseillers ne se faisaient pourtant pas faute de l'ennuyer de supplications et d'admonitions, lui répétant à tout propos qu'un monarque se devait à ses sujets; que la raison d'État le dominait lui-même; qu'une alliance, par mariage, avec un des royaumes voisins devenait indispensable'; qu'un héritier de la couronne ne pouvait plus se faire attendre, etc.
Le jeune roi voyait les choses autrement : il prétendait qu'un monarque doit faire au bonheur de ses sujets le sacrifice de son repos, de ses veilles, de ses trésors, de sa vie, mais non celui de son cœur; enfin, que l'immolation du prince ne doit pas aller jusqu'à l'annihilation de l'homme. 11 était soutenu dans ces doctrines par une digne et sainte femme, qui habitait la petite tourelle du château, où il la faisait servir et soigner comme une duchesse, et dont il allait tous les matins et tous les soirs baiser les cheveux blancs.
Dame Gertrude, une pauvre fille de Ja campagne, avait nourri la mère du prince Romuald, et l'avait élevé lui-même. C'était la vertu, la piété, la raison, la tendresse en personne; et, à force de dévouement et de
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pureté, elle savait beaucoup de choses qu'elle n'avait point apprises, et souvent TEsprit-Saint semblait parler par sa bouche. Elle donnait des conseils pour toutes sortes de maladies et de chagrins. Elle guérissait son monde miraculeusement, et il y avait des gens qui disaient qu'elle était fée... mais cela ne fut jamais bien prouvé.
Or, quand le jeune roi venait d'être assailli de mielleuses persécutions de la part des conseillers auliques, il allait se réfugier et respirer auprès de la bonne Gertrude, qui le consolait et le réconfortait par ses tendres et saintes allocutions.
, « Ah! Jésus, bon Dieu! qu'avez-vous, mon enfant?... Sire, que vous est-il arrivé? s'écria Gertrude en se reprenant et en rougissant.
— Non, non, dites toujours votre enfant, soupira le roi, car c'est bien à ma mère que je viens parler, puisque l'autre est dans le ciel... Imaginez-vous, ma bonne Gertrude, qu'ils me font mourir et qu'ils me feront damner avec leurs mariages diplomatiques. Voilà maintenant deux rois, dont les États touchent les miens, qui se sont mis dans la tête de me faire épouser leurs filles. L'un, qui n'a pas d'héritiers mâles, mej promet, après sa mort, l'abandon de sa couronne, qui serait tout naturellement réunie à la m'ienne, si je deviens son gendre; l'autre, si je ne le prends pas pour mon beau-père, nous menace d'une guerre terrible, regardant, dit-il, tout refus comme une offense que le sang peut seul laver... et, ce soir, une députation du grand conseil doit venir respectueusement me sommer, au nom de la patrie,deprendre enfin une détermination. Or, j'ai vu les deux princesses dans mes derniers voyages, et je sens qu'elles ne me plairont jamais... Que faire?... J*ai de plus en plus l'horreur d'un mariage où le cœur n'est pas, et cependant le mien n'a pas encore parlé. Que serait-ce donc si...? Par grâce, ma bonne Gertrude, éclairez-moi, je ne vois plus rien... Faut-il courber mon front et mon âme sous la nécessité attachée aux couronnes? Ou plutôt, faut- il jeter là celle que je porte, afin de redevenir homme libre ? »
Et le roi laissa tomber son front dans ses deux mains crispées.
«cSire, répondit Gertrude sans hésiter, restez roi, Dieu Ta voulu, et nous ne devons pas déserter le poste où la Providence nous a placés ; restez roi donc, mais soyez homme et libre en même temps. Aucune politique ne peut raisonnablement disposer de Tamour et des cœurs. Le mariage, dont les habiles de ce monde cherchent à faire une simple institution humaine, le mariage est une loi chrétienne, un sacrement divin, le saint et volontaire contrat de deux âmes qui se reconnaissent et se choisissent, et non un marché d'orgueil et de cupidité, comme Pont fait tous vos seigneurs... Et tenez, moi, moi qui vous parle ainsi, puisque le roi le souffre, si je ne me suis pas mariée, croit-on que ce soiejat les occasions qui m'ont manqué ? Non, certes; j'en ai eu beaucoup, et de très-belles, surtout depuis que je suis vieille et laide. Votre Majesté m'ayant comblée de bienfaits à son avènement au trône, et continuant à me traiter — - pardonnez-moi — comme si j'étais la reine mèrel... Mais je me suis dit : Non, non, tout ce que je possède par les bontés du roi n'ira pas enrichir un Sarrasin qui s'appellerait mon mari... Mais pour en revenir* à la chose importante. Sire, à celle qui vous touche, soyez sûr qu'il n*y a qu'une morale pour les rois et les sujets, et que les. cœurs de tous sont les mêmes au fond. Si donc vous épousez une femme que vous n'aimez pas, vous épouserez le malheur et vous serez déshérité de l'amour, ce paradis terrestre qu'Eve n'a pas perdu; ou bien, vous chercherez, loin de votre épouse, une orageuse félicité, pire que le malheur, puisqu'elle sera le péché, et vous déshéritera du paradis céleste. Voilà des inconvénients et des dangers qui valent bien, je crois, ceux dont vos ministres se préoccupent. Bientôt, sans doute, car c'est le sort de tous les fils d'Adam, bientôt vous rencontrerez la femme que cherchent encore vos rêves; je souhaite qu'elle se trouve sur les marches d'un trône : les hautes convenances de position doivent peser énormément dans la balance du mariage. Mais, fût-elle sur le seuil d'une chaumière, si
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votre cœur vous dit : e C'est celle-là», n'hésitez pas à en faire la reine, vous souvenant que les ambitieuses alliances politiques ont plus d'une fois menti aux superbes espérances qu'elles avaient fait naître, et que les malheurs et les désordres n'ont jamais manqué aux mésalliances naturelles. Sire, je vous en conjure encore à deux genoux, restez roi, soyez homme, et attendez. »
Dame Gertrude prononça ces dernières paroles avec tant d'autorité ; son allocution, dont nous n'avons pu donner que le squelette, avait été si entraînante, si colorée, si étonnamment éloquente, que Romuald ne douta pas d'une intervention surhumaine; Gertrude n'était que l'instrument vulgaire qu'anime un souffle divin»
Il se retira convaincu et fortifié.
On accepte si bien les avis qui vont dans le sens de nos idées !
Et il se prépara sans trouble à recevoir bravement l'embarrassante et solennelle supplique.
Le soir même, les cours du château et les escaliers étaient remplis de jeunes varlets tenant des torches allumées.
Le roi, au fond de la grande galerie, rayonnait *sur un trône, entouré des dignitaires et des seigneurs, cousus d'or ; et dame Gertrude ( il l'avait voulu ) se tenait blottie derrière, et cachée dans un petit coin, d'où elle pouvait tout voir et tout entendre.
Un huissier annonça :
« Messeigneurs les délégués du grand conseil 1 »
Un sourd murmure de satisfaction comprimée circula parmi les assistants, qui étaient en secret complices de cette manifestation officielle.
Le roi s'en aperçut, mais Gertrude aussi, qui lui cria de sa cachette.
« Courage, sire. Dieu vous garde I »
Ladéputation s'avança d'un air majestueux, et comme ^ûre des sympathies de l'assemblée; et le doyen, fourré d'hermine, après avoir salué le roi, très-bas, lui parla très-haut en ces termes :
a Sire, ^.
« Vos fidèles sujets, membres et délégués du grand conseil, prennent la liberté, d'après nos saintes et immémoriales coutumes, d'élever par ma voix, jusqu'à Toreille de Votre Majesté, leurs plus humbles supplications, dans les circonstances difficiles où l'État se trouve engagé. Deux souverains puissants, vous le savez. Sire, tiennent à honneur de s'unir à vous par les liens du sang. Il y a grand avantage à bien accueillir le roi Wilfrid, et grand péril à refuser le roi Contran. Que Voire Majesté juge et décide. Mais la patrie a besoin d'un jeune prince de votre nom. Dieu tient dans ses mains la vie des rois comme celle de leurs derniers sujets... Daignez donc écouter. Sire, le vœu d'un peuple entier, qui vous crie : Sire, faites choix d'une princesse pour assurer votre propre bonheur, que nous ne séparons pas de la gloire et de la prospérité de l'État.
« Sire, nous attendons avec une respectueuse confiance la détermination de Votre Majesté, n
Toute l'assemblée respirait à peine, les yeux fixés sur le roi, qui se leva lentement, et dit d'une voix ferme :
« Messieurs, le roi avisera. »
Ce qui veut dire : Le roi est décidé à ne rien faire de ce que vous lui demandez, et vous pouvez vous retirer.
La députation se retira donc après les saints d'usage, et tout le monde fut désappointé, à l'exception de Certrude, qui cria de son coin :
a Sire, cela vous portera bonheur I »
Quelques jours après venait la fête du roi.
On avait préparé pour cet anniversaire solennel la représentation d'un mystère, le Mystère de la Nativité; et ce n'étaient pas les jongleurs de la confrérie de la Passion qui devaient jouer, mais des jouvenceaux et damoiselles de la cour et de la ville. Dans ce mystère paraissaient le roi Hérode et la reine, son épouse; une jeune orpheline, du nom d'Isabelle, fille d'un ancien brigadier-major des hommes d'armes, faisait le rôle de la reine de Jérusalem. Cette jeune fille avait un loge
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ment dans les communs du château sous la surveillance d^une vieille tante aveugle; Quelle surveillante! Mais elle n'avait besoin , pour se bien conduire, que du flambeau de sa conscience et des lumières de son esprit. Les ordonnateurs de la fête Tavaient choisie à cause de sa beauté, de sa grâce et de sa rare intelligence. La pauvre enfant avait accepté par crainte de refuser, mais en tremblant beaucoup de son acceptation. Elle ne s'était jamais trouvée en évidence, et le début avait de quoi la troubler ; et puis, paraître ainsi devant le roi qui ne la connaissait pas I avoir Tair gauche peut-être aux yeux d'un jeune monarque, si noble et si élégant, et qu'elle admirait tant derrière ses volets entr'ouverts, quand il montait sur son cheval de chasse devant le grand perron... Son effroi ressemblait un peu à de la coquetterie; sa coquetterie eût ressemblé beaucoup à de l'amour, si cela eût été possible.
Quoi qu'il en soit, dès qu'Isabelle parut sur la scène avec son voile d'or et sa couronne de pierreries, son corsage d'argent aux nœuds de rubis, son grand manteau de velours brodé et sa jupe de soie couleur cerise, son grand sceptre et ses riches bracelets, et surtout avec réclat de ses yeux d'azur sous ses cheveux d'ébène, et la neige de son col, et le carmin de ses lèvres, et l'ivoire de ses- bras, et la fleur veloutée de ses joues... le roi ne put s'empêcher de s'écrier :
« C'est celle-là!
— Eh bien I reprit une voix cachée, si votre cœur en est sûr, que votre volonté ne balance plus...
. — Non, bonne Gertrude, dit en lui-même le roi, je n'ai pas oublié votre sermon, et il me sera bien facile de m'y conformer. »
Le mystère fini, un autre commença. Le roi passa sur le théâtre pour faire ses compliments et ses remerciements aux acteurs, et quand il fut près d'Isabelle, l'entraînant un peu à i'écart :
« Gente damoiselle, lui dit-il d'une voix émue, gardez ce sceptre et cette couronne ; ne déposez pas ce manteau royal, car vous êtes vraiment la reine. »
Isabelle croyait rêver et craignait de s'éveiller.
Le roi la remit entre les mains de Gertrude, et après la fête il s'expliqua en maître subjugué.
« Oui, charmante Isabelle, vous serez ma femme devant Dieu et devant les hommes. Je ne connais le prix de mon diadème que depuis une heure !
— Ahl Sire, je ne cherche point de paroles pour vous bénir, je n'en trouverais pas. Mon cœur était à vous, et je serais morte sans me le dire à moi-même. Cependant, Sire, une guerre va éclater d'autant plus terrible, que le roi Contran verra dans votre refus de sa fille votre préférence pour moi...
— Je combattrai pour vous, Isabelle, et je serai vainqueur.
— Cela ne suffit pas, Sire, il faut pousser votre victoire jusqu'à la conquête entière de ses États et les réunir à votre royaume; ce sera ma dot... Et, ajouta-t-elle avec dignité, je ne me marierais pas sans dot. C'est ainsi, et seulement ainsi, que vos peuples me pardonneront votre amour. Allez, grand roi, préparez- vous à cette guerre, et si la victoire (ce que je ne crains pas) trahissait votre courage, un cloître me séparerait à jamais de vous. Je ne consentirai pas à être maudite sur le trône et à vous y voir méprisé. »
L'amour du roi s'accroissait de son admiration... Huit jours ne se passèrent point sans qu'un cartel de guerre arrivât. L'espionnage diplomatique avait tout su et tout ébruité dès le premier soir. Les murs ont des oreilleSj il n'y a pas de proverbe plus vrai. Romuald assembla le grand conseil pour demander les subsides extraordinaires. Le grand conseil refusa net, .attendu que l'État ne doit pas soutenir un prince dans ses caprices, et qu'un prince ne doit pas égarer son cœur et sa main loin des trônes. Le grand conseil avait pour lui toute la cour, tous les hauts barons, et principalement toutes les dames, furieuses contre cette petite fille de rien qui triomphait de tout, et alors il montait sa rigidité jusqu'à la hauteur de la révolte.
Mais il y avait de bons juifs qui firent grandement les premiers frais de campagne... sur dépôt de la vaisselle royale ; mais les rangs de l'armée restaient fidèles, et le roi IV. 15
les électrisant par son héroïque ardeur, ils s'élancèrent comme des lions déchaînés, et en moins de six semaines ils attaquèrent, vainquirent et détrônèrent es méchant roi Contran, qui n'était pas aimé de ses sujets et qui les entendit eux-mêmes demander à grands cris que Romuald les adoptât comme les siens.
Romuald rapporta donc la dot d'Isabelle au bout de son épée.
Sur la frontière de ses États, il trouva le grand conseil tout entier qui l'attendait, les pieds dans la neige, et le doyen, toujours fourré d'hermine, après avoir salué le roi très-bas, lui parla très-haut en ces termes :
« Sire,
« Vos fidèles sujets, les membres du grand conseil, prennent la liberté, d'après nos saintes et mémoriales institutions, d'élever, par ma voix, jusqu'à Toreille de Votre Majesté, leurs humbles félicitations dans ces circonstances à jamais glorieuses. Le Tout-Puissant, exorable à nos ferventes prières, vient de récompenser par la victoire un roi qui s'est montré vraiment chrétien, en cherchant le bonheur dans l'amour et l'amour dans la vertu, et qui va élever jusqu'à lui, sans s'abaisser luimême, une jeune épouse déjà digne du trône par ses grâces et sa noblesse personnelle, et dont un nouveau royaume est la dot magnifique.
« Vive le roi Romuald ! vive la reine Isabelle ! »
Et les toques de velours volaient en- l'air, il fallait voir!
Dans ce temps et dans ce pays-là, les corps de l'État disaient blanc aujourd'hui et noir demain, selon le vent qui soufflait.
« Messieurs, répondit le roi, je n'attendais pas moins de mon grand conseil. Il peut compter sur moi, comme je compte sur lui. »
Pomuald s'empressa de jeter aux pieds d'Isabelle la couronne du roi vaincu. Isabelle tomba évanouie d'extase dans les bras de son royal fiancé, et se réveilla sur un trône.
Et Gertrude?... mon Dieu, si elle eût dit un mot,
le doyen du grand conseil l'aurait demandée en mariage...
La légende se termine par cet adage rimé :
Rois ou serfs, tâchez d'aimer, C'est la principale affaire; Car celui-là peut tout faire Qui sait d'amour s'enflammer.
{Proverbe).
PBRSONNAOBS :
Madame DE LINIÈRES, 40 ans.
CLAIRE, sa fille, 17 ans.
YVONNE, amie de Claire, étourdie et bavarde, 18 ans.
L'Étranobr, 60 ans.
FRANÇOIS, son fils, 25 ans.
CÉLESTE, sa fille, 28 ans.
MAURICE, vieux domestique de Mi>>« de Linières, 70 ans.
A Paris, dans un pavillon de l'hôtel de J/"« de Linières,
Un petit salon d'étude, élégamment meublé. Au fond, une porte entre deux fenêtres, donnant sur le jardin. A droite, une autre porte, recouverte d'une portière; auprès, un sofa posé de biais. Entre cette porte et l'une des fenêtres, des livres sur quelques rayons, et une table en forme de bureau. A gauche, un piano avec quelques papiers de musique et des lithographies. Plus loin, un chevalet de peinture. Vases et pendule sur la cheminée. Il est midi.