‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 115 sur 194 · SCÈNE XiV · texte numérisé non relu

SCÈNE XiV

TRISTAPATTE, seul.

(l\ sort pur-dessus le mur île la [letite ménagerie ; il est en désordre, lient la Ifcto de l'ours sous le bras, et descend le long d'un arbre.)

PcliitI pcliil ! Ah! le maudit animal! Il croit peut-iHre qu'il me fera peur, et que je me laisserai taire. Il m'a joliment mordu malgré ça; mais c'est en traître. Ali, mou Dieu! quel état que celui dour.s, puisqu'on ne peut môme pas se faire respecter d'un singe! J'(''tais là dans un coin, et je n; lui disais rien, (luand il est venu m'allaquer. D'aluini, le

l'ours et le pacha 221

ciel est témoin que ce n'esl pas moi qui ai commencé ; je suis connu, quand môme; mais malgré ma candeur naturelle, je me suis dit : Je suis ours, enfin, et il faut que ciiacun tienne son rang. Je lui ai allongé un coup de gritïe, et il m'a mordu. Aïe ! c'est (ju'il a emporté la peau, (ii montre un

morceau qui pend de la peau d'ours.) Faites donC l'oUTS, après

cela, pour vous taire mordre, vous faire bàtonner ! Je vous demande s'il n'y a pas de quoi perdre la tète, et dans le désespoir où je suis, je ne sais pas trop qu'est-ce qui pourrait me la remettre. (Regardant à gauche.) Mais on vient. Dieu ! que vois-je? la grande ourse de la mer Glaciale. Remettons ma tôle; il ne me fera peut-être pas de mal, me prenant pour son égal.

(il remet sa tête d'ours.)

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