SCÈNE XV
TRISTAPATTE, en ours noir, MARÉCOT, en ours bl.mc. MARÉCOT, à part.
Le projet est bouffon ; mais s'il pouvait réussir... (Aperce- Tant Tristapatte.) Eh bien ! quc vois-je donc là ? c'est l'ours du seigneur Lagingeole. Il m'avait promis de ne pas le quitter. Si je pouvais l'attraper par sa chaîne!
TRISTAPATTE, à part.
Aïe! il s'avance vers moi. Oh! oh! oh!
(n loche d'imiter l'ours.) MARÉCOT, à part.
.Miséricorde ! il se fâche.
TRISTAPATTE, à part.
Où fuir ? il va me dévorer.
MARÉCOT, reculant.
Mais il est sauvage ! Oh ! oh ! oh !
(^ll imite l'ours. — Tons deux cherchent à s'éviter; ils parcourent It
théâtre dans le même sens, se heurlont en voulant se fuir, et leurs têtes d'ours tombent du côté opposé à leur personne.)
TRISTAPATTE et MARÉCOT, stupéfaits.
Ah bah !
TRISTAPATTE.
Comment! c'est vous! Je vous reconnais. Vous êtes donc aussi dans les ours?
MARlicOT, le regardant.
Je ne me trompe pas : c'est l'associé de Lagingcole. Ah 1 c'est donc vous, marchand européen? Venez donc un peu ici
que nous causions. (Les deux ours vont s'asseoir sur le divan qui sert de trône à Schahabaham.) Comment SC tait-il?... (On entend desfanfares.) Ah, mon Dieu! voici le pacha! Vite à notre poste ! ou nous sommes perdus.
(ils ramassent précipitamment leurs tètes et les troquent sans s'en apercevoir.)