‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 133 sur 194 · RACHEL, ERNEST, TOBIE · texte numérisé non relu

RACHEL, ERNEST, TOBIE

RACHEL

Entre, Tobie, ne crains rien, mets là cette boîte.

(lobio pose sur la table la boite qu'il portait.) ERNEST, à part.

C'est bien... mes papiers, mes diamants... au moment de partir, il faut mettre ordre à ses affaires.

RACIIEL, le tirant par son habit et lui montrant Tobie.

Le v'ià!... il a une bonne fii,'ure, n'est-ce pas? qu'est-ce qui se douterait qu'il est comme ça?

TOBIE, secouant la tôte affirmativement.

. Ah ! ah !

RACHEL

Voyez-vous!... Parlez-lui donc un peu... n'ayez pas peur.

ERNEST

Tobie, vous aimez donc beaucoup Rachcl ?

TOBIE, niellant la main sur son cœur.

Oh! oh!

RACHEL

J'en étais sûre.

ERXEST.

Et vous vouliez mourir pour elle ?

TOBIE, se frappant la léte.

Ah ! ah !

Je vous le disais.

ERNEST

Tobic... je me charge de votre fortune... Que vous faut-il pour épouser Raclicl ?

TOBIE, snutnnt de joie. • ■

Oh ! oh !

Tenez, le v'ià déjà parti ! il a les passions si vives I... Modère-toi donc un peu, Tobie... î^i monsieur voulait seulement lui faire avoir une place honorable, vous qui connaissez cette jeune dame...

ERNEST

Eh bien ?

R.VCHEL.

Je sais qu'elle n'a pas besoin de Tobie à son service... mais il est impossible à son âge qu'elle ne se marie pas bientôt... et alors... son mari... vous entendez... a\ec des protections...

ERNEST, étonné.

Hein!... que dis-tu? Madame de Lussan se marier!...

RACHEL

Dame !... c'est ce qu'on peut faire de mieux, quand on est fdle comme moi ou veuve comme elle.

ERNEST, vivement.'

Veuve ! madame de Lussan est veuve ?

RACHEL

Depuis un an... elle l'était déjà à son premier voyage... demandez à Tobie.

TOBIE, appuyant.

Oh ! oh !

262 COMÉDIKS — VAUDEVILLES

RACIIEL.

Vous voyez, je ne le lui fais pas dire !...

EKNEST, à part.

Comment... elle est libre!... et cet aveu qu'elle me faisait tout à l'heure... cette résolution...

RACHEL

Alors, puisqu'èH'e est veuve, cette femme, elle ne peut pas rester...

ERNEST, brusquement.

C'est bon... laisse-moi...

RACHEL

Comment? laisse-moi !

ERNEST, impatienté.

Oui, ne m'avez-vous pas entendu ?

RACHEL, le tirant par son liabit.

Mais non, c'est vous qui n'entendez pas que la l'orlunc et la place de Tobie...

ERNEST

Eh ! qu'il aille au diable avec sa place !

RACHEL, stupéfaite.

Eh bien, par exemple, je vous demande ce qui lui a pris, el s'il y a de notre faute.

TORIE, pleurant.

Oh ! oh !

Là! v'ià qu'il a l'ait pleurer le petit !... Viens-t'en, mon pauvre Tobie, je vois l)ien que nous n'avons rien à espérer.

(Ernest s'asseoit prùs de lu table, le couilo appuyé sur la boite.)

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