RACHEL, ERNEST, TOBIE
RACHEL
Entre, Tobie, ne crains rien, mets là cette boîte.
(lobio pose sur la table la boite qu'il portait.) ERNEST, à part.
C'est bien... mes papiers, mes diamants... au moment de partir, il faut mettre ordre à ses affaires.
RACIIEL, le tirant par son habit et lui montrant Tobie.
Le v'ià!... il a une bonne fii,'ure, n'est-ce pas? qu'est-ce qui se douterait qu'il est comme ça?
TOBIE, secouant la tôte affirmativement.
. Ah ! ah !
RACHEL
Voyez-vous!... Parlez-lui donc un peu... n'ayez pas peur.
ERNEST
Tobie, vous aimez donc beaucoup Rachcl ?
TOBIE, niellant la main sur son cœur.
Oh! oh!
RACHEL
J'en étais sûre.
ERXEST.
Et vous vouliez mourir pour elle ?
TOBIE, se frappant la léte.
Ah ! ah !
Je vous le disais.
ERNEST
Tobic... je me charge de votre fortune... Que vous faut-il pour épouser Raclicl ?
TOBIE, snutnnt de joie. • ■
Oh ! oh !
Tenez, le v'ià déjà parti ! il a les passions si vives I... Modère-toi donc un peu, Tobie... î^i monsieur voulait seulement lui faire avoir une place honorable, vous qui connaissez cette jeune dame...
ERNEST
Eh bien ?
R.VCHEL.
Je sais qu'elle n'a pas besoin de Tobie à son service... mais il est impossible à son âge qu'elle ne se marie pas bientôt... et alors... son mari... vous entendez... a\ec des protections...
ERNEST, étonné.
Hein!... que dis-tu? Madame de Lussan se marier!...
RACHEL
Dame !... c'est ce qu'on peut faire de mieux, quand on est fdle comme moi ou veuve comme elle.
ERNEST, vivement.'
Veuve ! madame de Lussan est veuve ?
RACHEL
Depuis un an... elle l'était déjà à son premier voyage... demandez à Tobie.
TOBIE, appuyant.
Oh ! oh !
262 COMÉDIKS — VAUDEVILLES
RACIIEL.
Vous voyez, je ne le lui fais pas dire !...
EKNEST, à part.
Comment... elle est libre!... et cet aveu qu'elle me faisait tout à l'heure... cette résolution...
RACHEL
Alors, puisqu'èH'e est veuve, cette femme, elle ne peut pas rester...
ERNEST, brusquement.
C'est bon... laisse-moi...
RACHEL
Comment? laisse-moi !
ERNEST, impatienté.
Oui, ne m'avez-vous pas entendu ?
RACHEL, le tirant par son liabit.
Mais non, c'est vous qui n'entendez pas que la l'orlunc et la place de Tobie...
ERNEST
Eh ! qu'il aille au diable avec sa place !
RACHEL, stupéfaite.
Eh bien, par exemple, je vous demande ce qui lui a pris, el s'il y a de notre faute.
TORIE, pleurant.
Oh ! oh !
Là! v'ià qu'il a l'ait pleurer le petit !... Viens-t'en, mon pauvre Tobie, je vois l)ien que nous n'avons rien à espérer.
(Ernest s'asseoit prùs de lu table, le couilo appuyé sur la boite.)
LK SIM.KKN