‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 189 sur 194 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PETITLAID, MAUIE.

(L'orchestre juue l'air : Quel désespoir:) l'ETITL.VlI).

Tout est fini, madame, il n'est plus d'espérance; Monsieur de Lestoufer, par sa rare prudence, A, du fier Petenlair, déjoué les projets, Et près du réservoir l'a fait mettre aux arrêts.

MARIE

Ayez donc des amis ! qu'ils ont de prévenances ! Ali ! je ne ferai plus rien que des connaissances!

PETITLAID.

Il faut nous séparer... le fiacre est arrivé !... Et chez le médecin !...

-Mon sort est achevé.

Reinette attend beaucoup du docteur qu'elle emprunte, Et m'envoyer chez lui, c'est me vouloir défunte!

E'ETITLAID.

Mais d"où vient la terreur que pour lui je vous vois? On dit que de ses mains on se sauve parfois.

MARIE

Non, l'on connaît trop Ijien cet habile Esculape ; De ceux qu'il a guéris pas un seul ne réchappe!...

PETITLAID.

Pardon si quelque t(Miips... j'ai pu vous arrêter!...

MAUIE.

A votre aise, seigneur, vous pouvez radoter ! Le ciel donne ce droit aux tètes à perruques.

rETlTLAID.

Alors je vous ])énis de mes deux mains caduques.

MAUIE, s'inclinant.

A tort on m'accusa d'avoir perdu l'esprit ;

C'est ce qu'on pourra voir dans un prochain écrit !

Si de mainte beauté parfois je me fis craindre, •

Aucun homme, ici-bas, de moi ne peut se plaindre!

Excepté, j'en conviens, un certain Allemand

A qui j'ai pris l)eaucoup !

l'ETlTLAIU.

ftlais tout le monde prend.

Aisément ou pardonne un délit si frivole, Quand on sait, mon enfant, tuer ceux que l'on vole.

MARIE

Alors je suis tranquille et je n'ai point de tort,

Car depuis fort longtemps lo lionhonime était mort!

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