SCÈNE IV
LA COUPE, CANELLE, donnant le bras à M"«^ SIMONE et à
JEANNETTE
LA COUPE
V'ià un oliliriu^ qui a l'air d'être diablement content de sa personne.
M""' SIMONE, à Canelle.
Oui, le repas de noce est commandé pour cinq heures; c'cst-il iieureux (jue nous vous ayons rencontré comme ça au débarqué, au sortir du cociie I... Ah çà, vous éles, j'espère, arrivé sans accident?
e A. NE lui:.
Oui et non; vous saurez ipie j'élais levé à cin(| heures du
LES BAINS A LA PAl'A
malin : ma future était toujours devant mes yeux et 'y ne voulais pas manquer le coche.
.l//{.- Sortez il l'instant, soitt;z. (Le CUalcuii de mon oncle.)
O'élais au poi'l de Mcliin Du mois d'août le vingt un.
J'embarquais
Mes e frets Par un beau temps, un vent fiais.
Ah ! pour moi qui jusqu'ici D* chez nous n' suis jamais sorti,
Quel tableau!
Que c'est beau, L'intérieur d'un grand vaisseau !
Deux jeunes actrices, Cinij ou six nourrices,
Sur leurs dos
Des marmots Faisant do do.
L'enfant do; Des buveurs qui rient, Des marins qui crient,
Un abbé,
Un avoué, Esfm l'arche de Noé.
Pour égayer le chemin, O'complais, la ligne à la main,
M'attacher
A pêcher.
Mais mon pied glisse... et sous l'eau J' filais!... quand un matelot, Crac! me rattrape aussitôt
Et, d'en haut,
D'un coup d' croc A ma peau fait un accroc.
Pour me sécher j' me relire A l'autre bout du navire.
0 disgrâce !
Je me place Sur un las d' uoudron
dO COMÉDIES VAUDKVIhLES
Qui soudain à moi s'allac)ie.
Je veux me lever... j'arrache
Et j'y laisse
Une pièce De mon pantalon.
Après un effort si long, El pour essuyer mon front,
J'veux avoir
Mon mouchoir n' j'ai laisse près du comptoir ; Mais, par un très-vilain tour, Une des nourrices, pour
Son poupart,
A l'écart, S'était servi d' mon foulard.
Vous sentez bien cerle Qu'à c'ie découverte J' recule, et soudain J' cass' la patl' d'un gros cnrlin.
Le mailrc qui passe Veut que j' paie la casse.
A la fois
Aux abois Tous deux élèvent la voix.
Le conducteur me poussait.
Un gros milord me boxait,
Je donnais,
Je r'cevais Des coups d' pieds et des soufflets.
Tout ce vacarme et ces cris Ont duré jusqu'à Paris.
Aive le coch" ! j'ai vraiment Fait un voyage charmant.
M""^ SI.MOM:.
Nous venions ici goûter les plaisirs du hain.
CAMCM.E.
Croyez-vous ([iio je ne m'en sois j)as aperçu ? sou HVe:: vous ([uo je fasse les frais?... tîarron!
LES BAINS A LA 1> A l' A II
LA COUPE
C'est moi, n-uDiisieur.
r.ANELLE.
Je voudrais parler au maître.
LA COLl'E.
C'est moi.
CANELLE
C'est-à-dire que vous n'êtes qu'un ?...
LA COLPE, salusnt.
Pour voas servir...
CANELLE
Croyez-vous que je ne m'en sois pas aperçu, monsieur? Je régale ma belle-mère et ma fiancée; voulez-vous nous donner ce qu'il y a de mieux ?
LA COL'PE
Nous avons des cabinets particuliers, mais c'est soixante centimes.
CANELLE
C'est égal.
LA COUPE, à part.
Diable ! c'est qucuquc milord.
CANELLE
Je sais bien que c'est de l'argent jeté à la rivière, mais on n'est pas tous lea jours à la noce, n'est-il pas vrai, mam'zeile Jeannette ?
JEANNETTE, soupirant.
Oh! oui...
(On entend la ritournelle de l'air qui Ta suivre.^ CANELLE.
Ah ! ah ! quelle est cette légion de demoiselles?
12 COMÉUIKS VAUDEVILLES