GUSTAVE, CÉCILE
GUSTAVE, nprùs un iiionient ilo silonc.
Me sera-l-il jiennis, mademoiselle, de vous olïrir mes félicitations?
CÉCILK.
Oui, monsieur, je les reçois.
GUSTAVE
Je me réjouis que le hasard m'ait procuré l'avantage... car croyez (juc le hasaid tcul...
Ci;CILE.
J'ensuis persuadée, monsieur; je sais que rien ne pouvait vous attirer en ces lieux. Depuis longtemps, votre silence nous l'avait appris; ei si quelque chose m'étonne, c'est de vous voir consentir ;\ nous accorder quelques jours. Soyez sûr que mon père sentira tout le prix d'un pareil sacritice.
GLSTAVK.
Je n'ai pu résister au désir d'être témoin du bonheur de mon ami, du vôtre, mademoiselle. Puissiez-vous former une union fortunée ! Puisse Frédéric ne jamais éprouver les tourments de la jalousie, ni la douleur de perdre votre tendresse !
CÉCILK.
Et qui vous fait présumer que cela puisse arriver ? Frédéric m'aime beaucoup, monsieur, il m'aime réellement.
GUSTAVE
Eh ! mademoiselle, est-ce donc une raison ?
Clic ILE.
Oui, sans doute, puisiju'il m'aiuie, il ne sera ni faux ni tronqjeur ; il ne se fera point un jeu de irahirses serments.
GUSTAVE
Vous supposez alors qu'on ne sera avec lui ni perfide ni coquette? Je le désire, mademoiselle, et lui souhaite de trouver une fidélité que pour moi je n'ai jamais su rencontrer.
CÉCILE
Que vous n'avez pas su rencontrer?
AIR : Depuis longtemps j'aimais Adèle.
Mais Frédéric, vous l'ignorez peut-être, De vous diffère trait pour trait ; Pour mieux vous le faire connaître, Je puis vous tracer son portrait :
Il n'aime qu'une seule belle.
Il n'est défiant ni jaloux.
Il est enQn tendre et Adèle; Vous voyez qu'il n'a rien de vous.
GUSTAVE
Même air.
Ainsi que vous, je veux, mademoiselle,
Former un lien plus heureux, Et désormais, aux pieds d'une autre belle,
Porter mon hommage et mes vœux.
(Avec un dépit très-marqué.)
Pour qu'à mon cœur plus rien ne vous retrace, Exprès je veux même, entre nous, Qu'elle soit sans attraits, sans grâce; Enfin, qu'elle n'ait rien de vous!
CÉCILE
Et il ne vous en coûtera pas beaucoup, monsieur, pour l'aimer !
GUSTAVE
Pas plus qu'à vous, mademoiselle, pour aimer Frédéric ! car ce n'est point à l'ordre d'un père qu'il doit votre main ; c'est à vous, à vous seule. Vous l'aimez, il me l'a dit luimême.
CÉCILE
Comment ! il vous l'a dit?
GUSTAVE
Oui, mademoiselle, il en est convenu. Vous l'aimez, vous l'adorez, du moins, maintenant; j'ignore coml)ien de temps il pourra jouir de cet avantage !
CÉCILE, nvec dépit.
Monsieur... (se reprenant.) Eh bien! oui, monsieur, il vous a dit la vérité : je chéris l'époux que mon père m'a donné, que mon cœur a choisi; et je ferai mon I)onhour de lui appartenir, (a part.) On vient; ali! tant mieux, car mes larmes trahiraient le trouble lie mon cœur.