LE NOTAIRE
Mais non.
FRÉDÉRIC
Eh bien! vous êtes le premier, car mon beau-père, ma femme, toute la maison... mais, vous autres fonctionnaires publics, rien ne peut vous émouvoir : vous êtes impassibles comme la loi.
LE NOTAIRE, avec emphase.
C'est notre devoir.
(Les personnages sont rangés dans l'ordre suivant : Gustave est le premier à gauche du spectateur, puis Frédéric, Cécile, Dormeuil, le notaire devant la table, Marie de l'autre ciité de la table, les parents dtrrière le notaire.)
FRÉDÉRIC, bas à Gustave.
Quand je te disais... (Traversant le théâlre et allant vers la table. >
Le beau-père le premier, c'est trop juste... ù moi, maintenant... (En signant, au notaire.) Permettez (lonc... laisscz-moi faire mon paraphe : le défaut de paraphe entraîne nullité, n'cst-il pas vrai, cousin ? et je veux que rien n'y manque.
(a- Cécile en .'= présentant la plume.) Ma chère CéCllc, c'csl à
vous; mon bonlicuv maintenant dé|)end d'un seul mot.
(Il revient .'i sa première place.) AIR : Fragment du Finale Ja L'Auberge de Dagnires, arrange par .M. Docut. DOR.MEL'IL.
Allons, Cécile, allons, ma fille, c'est à loi.
LA SOMNAMBULE llî
Ensemble.
CECILE, traversant ù son tour et allant ù la table.
Ah ! que mon ùmc est émue !
Oui, ma main tremble malgré moi.
GUSTAVE
Mon cœur poliùtc à sa vue.
DORMELIL,
Allons, rassure-loi.
(Cécile prend la plume, s'arrête un instant, regarde Gustave, et signevivement.
FRÉUÉRIC.
Elle est à moi !
GUSTAVE
Elle a signé.
FRÉDÉRIC, ù Gustave.
C'est à Ion tour, je croi.
GUSTAVE, allant à son tour à la table, et affectant une grande joie. Je signe, el jamais, sur mon âme, Je n'ai signé de plus grand cœur.
Car c'est l'acte de ton bonheur.
(A Cécile.)
Recevez donc mon compliment, madame , Oui, madame.
Le premier ici je veux Vous donner ce titre heureux.
(U reprend sa place,}
FRÉDÉRIC
Je suis, ainsi que ma femme.
Sensible à tant d'amitié.
Enfin... enfin... je suis donc marié!
Ensemble.
CORMEUIL et LE CHŒUR.
Ah ! que son âme est émue!
Non, rien n'égale son bonheur.
112 COMÉDIKS VAUDEVILLES
FREDERIC
Ah! que mon âme est émue!
Non, l'ien n'égale mon bonheur.
CÉCILE
Ah ! que mon àme est émue!
Non, rien n'égale mon malheur.
GUSTAVE
Oui, pour jamais je l'ai perdue!
Non, rien n'égale ma douleur.
^Vendant ce premier ensemble, tous les parents ont signé, et Baptiste ainsi que jilusieurs domestiques arrivent tenant des flambeaux]
FREDERIC, à Dormeuil et à Gustave.
Mais vous ferez tantôt connaissance, j'espère : Car mon ami reste avec nous, beau-père, 11 couche ici, je viens de l'engager. ■
DORMEUIL
Mais oit veux-lu donc le loger ?
Pour qu'il soit bien, moi j'ai pris mes mesures; 11 aime à voir les revenants de près.
C'est pour cela que je lui donne exprès Le pavillon aux grandes aventures, Celui du jardin.
BAPTISTE, effrayé, bas à son maître.
Grands dieux !
Nous sommes perdus tous les deux.