‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 126 sur 154 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

STANISL.\S, seul.

Je ne vois personne ici; pas de servante, pas de fille d'auberge. Cette pauvre i)elite Christine n'y sera plus, je m'en doute bien; mais la maîtresse de l'auberge pourra me donner quelques renseignements. Ouf! la marche est bonne : dix lieues dans notre matinée, à travers les montagnes; mais il ne faut pas nous plaindre. Ceux que nous poursuivions ont été plus vite ([ue nous : car, excepté quelques petits coups de fusil ;\ l'aventure, il a été impossible de leur dire deux mots; c'est fini, ils n'aiment plus les conversations!

Assez causé, qu'ils disent. (Défaisant son sac et le mettant sur la

table.) Il me semble aussi, pour la première fois de ma vie, que mon bagage me pèse; il faut (jue ce soient ces maudits billets de banque, il n'en était jamais entré dans mon havresac.

Ain d'Ari.ilippe.

Pour un soldat qui n'en a pas lusuge,

Ça gêne un peu; mais cependant,

Makji'ô ce surcroît de bagage,

Je chemine toujours garment.

Désormais sans risquer d'attendre, Les mallieureux à moi pourront s'offrir,

Car j'ai du fer pour les défendre

Et de l'or pour les secourir.

Mon i)auvre colonel ! je le vois encore, sur le champ de bataille. Tiens, me dit-il, je n'ai pas de parents, pas de famille, je ne veux pas que l'ennemi soit mon héritier; prends ce portefeuille et pense quelquefois à ton colonel. Morbleu 1 ce n'étaient pas de ces chiffons de papier qu'il me fallait, c'étaient des cartouches; et depuis ce temps je n'en envoie pas une à l'ennemi ({uc ce ne soit à son intention.

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