SCENE II
Les mêmes ; CHOPARD.
Eh bien ! comment cela va-t-il, ce malin ?
CHOPARD
Ah ! pas i-i bien qu'autrefois, parce que, dans ce temps-là. . in illo temporc, comme dit le poi'te :
Ain : Le luth ^alanl qui chanta les amours.
Tout, grâce au ciel, suivait un autre cours; Nous valions mieux; mais, hélas! de nos jours, Mon ami, tout va mal.
Aucun de nous n'ignore Ou'on le disait jadis, coumic on le dit encore.
CHOPARD
On le dira toujours.
Cela va sans dire, et c'est même pour cela, Philibert, que je voudrais te parler en particulier.
jime PHILIBERT.
Savez-vous où est Victor, monsieur Chopard ?
CHOPARD
Mais, madame... 'Prenant ur.e prise de tabac.) Hum ! AMÉLIE.
Est-ce que vous ne seriez pas content de mon cousin ?
CHOPARD
11 me serait impossible, mademoiselle, de dire le moindre mot sur son compte.
MARGIERITE, vivement.
Vous l'entendez, madame?
334 COMÉDIKS — VAUDEVILLES
M™" PHILIBERT
En ce cas, monsieur, nous vous laissons. Ma fille va prendre sa leçon de piano, et moi m'occuper des soins de la maison.
(Elle sort.) AMÉLIE, à Chopard.
Adieu, monsieur Chopard, que vous êtes bon ! que vous êtes aimable 1 Quand vous voudrez, je vous jouerai celte sonale de démenti que vous aimez tant.
CHOPARD
Ah ! c'est qu'on n'en l'ait plus comme cela,
AIR ; Quand on sail ainior et plaire. {Le Devin du village)
0 musique enchanteresse.
Que ton charme est entraînant !
On chantait dans ma jeunesse,
(A Philibert.) Nous déchantons maintenant.
La politique ennemie N'amenait point de discords ; C'est pour la bonne harmonie Que nous nous battions alors.
J'ai reçu, j'en fais tropliée.
Dans un lyrique abandon.
Deux coups de poing pour Orphée Et deux soufllets pour Didon.
C'était le temps des merveilles :
A l'Opéra, bien souvent, On se coupait les oreilles ; On les écorchc à présent.
0 musique oiichantcressc, etc.
(a iiolio sort.)
1' 11 1 i, 1 li E K T M A U I É ^35