LE VALET
Si fait, monsieur ; mais il dit comme ça que si vous en avez encore pour longtemps, on le demande ici près pour un testament ; c'est pour quelqu'un qui est pressé.
-LE BARON
Bien, bien, qu'il aille faire son testament, et qu'il nous revienne le plus tôt possible. Nous ne serons pas fâchés d'avoir le temps de nous reconnaître.
(Le valet sort.) Alli du vaudeville de Partie carrée.
Sur ma foi, l'état de notah'c Plus qu'on ne croit demande du talent;
Au même instant, il leur faut faire
Un mariage, un testament.
Forcé soudain de changer de visage.
Plus d'un notaire, se trompant, Doit quelquefois pleurer au mariage Et rire au lesiament.
Aliçà! bonjour, tout le monde! bonjour, mon cher lloslanges; bonjour, ma belle future; bonjour, ma petite espiègle 1 (v Jeniiy.) Tu OS bien gentille, mais lu vas nous laisser un instant causer d'affaires,
JENNY
Comment, vous me renvoyez?
LE BARON
Non, ma chère enfant ; mais je te prie de t'en aller.
JENNY
Là, c'est bien agréable ! ne dirait-on pas que je suis une étrangère?
M. DE ROSTAXGES.
Allons, allons, Jcnny, tu as entendu ; fais-nous grdce de les commentaires.
JENNY
C'est ça : ils ont toujours des secrets ; pourquoi ne voulez-vous pas que j'écoute? il faudra bien que je me marie à mon tour, et ce sera toujours ça de moins <à apprendre.
M. DE ROSTANGES.
Te marier ! A-t-on jamais vu une petite fille de dix ans?...
JENNY
Dix ans et demi, monsieur, dix ans et demi! (a sa sœur.) Est-il drôle, mon papa! toutes les fois que je parle de mon établissement, il se fâche.
AIR du vaudeville de L'Homme vert.
Lorsque l'on est petite fille.
Personne, hélas! ne pense à vous; Dès qu'on 'evient grande et gentille, Les amoureux arrivent tous; En attendant ce jour prospère, Je puis bien en parler, je croi...
Je n'y penserai plus, mon père, Quand on y pensera pour moi.
(Rencontrant un regard sévère de son père.) Je m'en vais, je m'en vais... (Bas à sa sœur, en s'en allant.)
Pauline, lu me le diras, n'est-ce pas?
(Elle sort.)
5y COMÉDIES — VAUDEVILLES