‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 49 sur 154 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CÉLINE, OCTAVE, en habit à l.i franjaise, on b.is de soie blancs, mais sans épée.

CÉLINE

Eh bien ! comment cela va-t-il?

OCTAVE, tristement.

Cela ne va pas bien ; et toi?

CÉLINE

De môme. Tu n'as donc rien trouvé ?

LK MAIUArjE ENFANTIN 115

Oh! si, vraiment; je causais tout à Theure avec la petite Jeannette, la tille du jardinier...

CKUNE, fiLTement,

Et pounjuoi causez-vous avec ces personnes-là, monsieur ? cela ne sied point aux gens de qualité.

OCTAVE, de même.

Je le sais, mademoiselle ; mais quand les gens de qualité ont besoin des personnes... et puis d'ailleurs il y a manière de se faire respecter. Je disais donc que pendant que je lui parlais elle s'est mise à rire, et m'a dit (cela va bien vous étonner), elle m'a dit... que j'avais l'air d'un amant.

CÉLINE

Un amant! comment, monsieur ! vous êtes un amant? eh bien! par exemple, si je l'avais su...

OCTAVE

Qu'est-ce que tu aurais fait?

CÉLINE

J'aurais fait, j'aurais fait... qu'il y a longtemps que je connais ça ! un amant, c'est un amoureux. Tu ne te rappelles pas madame la baronne qui en a un, la comtesse qui en a un aussi, et puis la marquise qui en a deux?

OCTAVE

Oui, oui. J'y suis maintenant, et il faut convenir que nous étions bien simples; mais dis-moi, amoureux, comment guérit-on de ça?

CÉLINE

Dame ! je n'en sais rien ; et il faudra que tu le demandes encore.

Écoute donc ! tu m'envoies toujours demander, c'est ennuyeux ! ce n'est pas que Jeannette me le dirait bien, j'en suis sur ; mais elle commence toujours par me rire au nez, et c'est désagréable, parce qu'on a l'air d'une bète.

CÉLINE

C'est jusie ; si nous pouvions le deviner à nous deux, cela vaudrait bien mieux. Écoute. Je crois que j'ai un moyen qui a déjà réussi à ma cousine Ursule et à M. de Luzy ; fais comme si tu me donnais le bras, et promenons-nous.

OCTAVE, lui donnant le bras.

Bien volontiers.

(ils se promènent sur le théâtre.) CÉLINE.

On ne nous regarde pas ?

OCTAVE

Pardi, il n'y a personne.

CELINE, lui glissant mystérieusement le billet dnns la main.

Eh bien I tiens.

OCTAVE, le prenant entre les doux doigts, et l'élevant en l'air.

Qu'est-ce que tu veux que je fasse de cela ?

CÉLINE

Est-il ignorant!... C'est un billet doux! mais ne le montre donc pas comme cela, fais du mystère.

(Faisant le geste de cacher le billet.)

A la bonne heure ; et puis après ?

CÉLINE

Et puis après, lis-le vite, et n'oublie pas que c'est moi qui te l'adresse.

OCTAVE

C'est-y drôle tout cela !

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