‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 56 sur 154 · LUZY, CÉLINE, OCTAVE · texte numérisé non relu

LUZY, CÉLINE, OCTAVE

Suis-je de trop ?

CÉLINE

Non, au contraire ; car j'ai bien des choses à vous demander.

LUZY

Vous ne rentrez donc pas au salon?

OCTAVE

Ne m'en parlez pas, ce n'est pas cela qui est le plus agréable dans le mariage; on nous avait placés sur deux grands fauteuils, et tout le monde rangé en cercle nous regardait, tandis que nous étions là, gravement, à côté l'un de l'autre, sans oser nous parler.

CÉLINE

Et ma tante qui me disait toujours : Céline, tenez-vous droite ! il n'y a rien de fatigant comme cela ; heureusement qu'elle nous a donné une heure de récréation pour aller jouer dans le jardin, à condition que nous serions bien sages, et que nous ne gâterions pas nos beaux habits ! Et je suis tout de suite venue de ce côté, pour trouver ma cousine Ursule! Où donc est-elle?

LUZV.

Je crois qu'elle était indisposée, et qu'elle est rentrée de bonne heure dans son appartement.

OCTAVE

Indisposée?

CÉLINE

Ah! mon Dieu! est-ce que cela lui aurait repris? voyez comme c'est fâcheux; moi qui venais pour lui demander...

Et quoi?

CÉLINE

Dame ! beaucoup de choses, n'est-ce pas, Octave?

OCTAVE

Oui; d'abord, je voudrais savoir si maintenant que me voilà marié, j'ai toujours mon précepteur.

LUZV.

Mais, pcut-L'trc qu'en adressant encore un placet au roi pour une dispense...

CÉLINE

Et puis, est-ce que nous n'irons pas à la cour?

OCTAVE

Moi, d'abord, je ne serais pas ftché de figurer parmi les grands; et puis enfin quand on n'a plus de précepteur, qu'on va à la cour, et qu'on est monsieur et madame, qu'est-ce que l'on a à faire ?

CÉLINE

Oui, il faut que vous nous disiez cela.

Luzy.

Sans doute, mes petits amis, ce serait avec plaisir. (Regardant la pendule.) Mais voycz-vous, dans ce moment-ci...

AIR : Duo li'Azémia.

Il est bien tard, et l'on m'attend; Demain je promets de le dire.

OCTAVE et CELINE.

Il n'est pas tard, un seul moment A notre vœu daignez souscrire.

OCTAVE

Voyons ce qu'en ménage on fait.

LUZV.

D'abord, l'époux est maître de lui-même.

OCTAVE

Bon : je no ferai plus ni version ni thème. LDZY.

Il commande comme il lui plaît.

OCTAVE

Ce n'est pas ça qui m'embarrasse !

Mais, voyons, que fait-il encor?

Parlez! dites-le-moi de grâce.

LUZY

Dès le matin, au son du cor, Il se lève et part pour la chasse.

CÉLINE et OCTAVE.

Et puis...

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