SCÈNE XII
Les mêmes; POT-DE-VIN, et deux Domestiques.
POT-DE-VIN
Je viens, monsieur le baron, vous annoncer une mauvaise nouvelle.
OCTAVE
On nous demande au salon?
l'OT-DE-VIN.
Non; mais M. de Balainville, votre père, arrive à l'instant de Paris en chaise de poste ; et il est vrai de dire qu'il a été bon. train : vingt lieues en cinq heures.
CÉLINE
Il vient pour la noce?
l'OT-DE-VIN.
Au contraire, il venait pour l'cmpôchcr; il est également vrai de dire qu'il n'a pas été médiocroiucnl mortifié, en apprenant que votre taute avait aussi promptemenl exécuté ses ordres.
CELINE, fii-rement.
Eh! pourquoi mon beau-père est-il fàclié de rèlrc ?
POT-DE-VIN
Pourquoi? parce qu'on a reçu ce matin, à Paris, une lettre de votre cousine Ursule, qui déclare qu'elle ne veut plus élre religieuse, et qu'elle garde sa fortune; qu'alors mademoiselle Céline n'étant plus qu'un parti ordinaire, M. de Balainville a découvert dans ce mariage une foule d'inconvénients qu'il n'avait pas vus d'abord, et il parle de le rompre.
CÉLINE et OCTAVE.
Le rompre? jamais!
POT-DE-VIN, à Céline.
C'est ce qu'a dit aussi madame votre tante, tout le monde a pris parti pour ou contre ; on se dispute au salon, et j'ai reçu l'ordre d'emmener provisoirement le mari... (a octave.) je vous en demande bien pardon; de l'enfermer à double tour dans sa chambre ; et demain de grand matin M. de Balainville doit le ramener avec lui à Paris.
CÉLINE
L'emmener à Paris !
OCTAVE
Nous séparer! c'est ce que nous allons voir; je cours parler a mon père, il ne sait pas de quoi je suis capable, (Mettant son chapeau sur sa tête.) Non, il ne le sait paS. CÉLINE, l'arrêtant.
Je vous prie de vous modérer, Octave! Octave! (D'un ton plus imposant.) Monsieur de Balainville !
OCTAVE
Eh bien, madame, qu'exigez- vous?
CÉLINE
Octave, qu'allez-vous faire ! n'oubliez pas qu'il est votre père et le mien.