‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 72 sur 154 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

LORD MOROSE, BIDULF.

BIDULF.

Eh bien! mon cher, oii en sommes-nous de nos projets? Avez-vous confié à votre femme,., à votre charmante sœur vos intentions... au sujet de ce mariage?

LORD MOROSE, achovnnt Jo s'habiller.

C'est (rrR-difficile, parce que ma femme a aussi des vues sur sir Edouard Bctlingliam... un jeune liommeà la mode... un de ses anciens adorateurs.

BIDLLF.

Eh bien! mon ami, est-ce que vous pourriez liésiter entre lui et moi?

LOUD MOROSE

Non certainement... et vo;is serez mon bcau-frèie... mais, voyez-vous, je n'ose engager là-dessus une discussion... dans ce moment où je suis si maliieureux, si accablé de contrariétés.

BIDULF.

Eh ! mon ami, vous savez que mon existence esl comme la vôtre semée de triliulalions... nous nous sommes souvent consolés en nous les racontant, mais si vous voulez que je vous parle franchement... il y a, à côté de nos disgrâces, une foule de petites jouissances que vous n'appréciez pas assez.

LORD MOROSE

Des jouissances ! des jouissances !... bonté divine!

BIDULF, s'échauffant.

Tenez, par exemple, regardez... être près d'un bon feu, quand il gèle à pierre fendre.

LORD MOROSE

Oui, ou se grille les jambes, et on a le dos gelé.

BIDULF.

S'étendre dans un l>on lit, tandis que vous entendez la pluie tomber par torrents.

LORD MOROSE

Oui... et sentir les plumes de votre oreiller (jui vous piquent... vous déchirent... ou votre bonnet de nuit tjui s'écliappe ;\ moitié, lorsque déjà vous êtes trop assoupi pour le rajuster.

ninui.K.

Ah ! <;a, par exemple, c'est affreux, et je ne connais ilo comparaI)le que ce que j'ai ciirouvé tout à l'heure... en entrant chez vous ., lorsque j'ai levé le marteau de votre porte... qui venait d'être peint à l'huile.

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