‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 87 sur 154 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

JLLIENNE, seule ; elle porte un panier qui contient ce qu'il faut pour mettre le couvert.

Ah! mon Dieu, mon Dieu! queu tracas! et qu' c'esfterrible d'être au service de la plus riche héritière du canton! Depuis huit jours que j'ai quitté ce pensionnat où j'étais jardinière, pour suivre mademoiselle Aglaé dans ce château, v'ità-t-il des prétendants... en v'ià-til !... Eh bien I tout ça ne vaut pas 31. de CéUcour ; celui-là, c'était mon protégé, et si mademoiselle Aglaé l'avait vu, bien sûr qu'elle l'aimerait! parce qu'il est si gentil... si aimable... trente mille livres de routes, et des vues honnêtes... (Mettant le couvert.) C'est drôle, cependant, qu'il se soit adressé à moi plutôt qu'à M. de Plinville, l'oncle et le tuteur de not' maîtresse... Ah dam' 1... c'est juste... peut-être bien que Toncle n'aurait pas eu la complaisance de remettre à mamzelle toutes les lettres qu'il m'envoyait pour elle... m'est

avis aussi qu'à la pension mademoiselle Aglaé relisait ces letlres-là plus d'une fois par jour, et que s'il n'avait tenu qu'à elle... mais, maintenant, il n'y a plus moyen... on attend un autre futur, et il faut que M. de Célicour prenne son parti.

AIR du vnuïlevillo do Partie carrée.

Faut qu'à présent, il s' guérisse au plus vile De son ardeur

(Le contrefaisant.) Et de son feu brûlant !

Heureusement c'est Paris qu'il habite.

C'est une ville où le feu prend souvent. Mais d' l'incendie on n'y craint pas la suite :

Car les secours y sont si prompts, Qu' les flamm's d'amour sont éteinl's aussi vile Que le feu des maisons.

Eh! mais, qui vient donc là?... Dieu me pardonne, c'est lui-même.

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