SCÈNE X
M. D£ PLINVILLE, AGLAÉ.
AGLAÉ, à part.
Je suis encore tout émue de ses discours. Julienne avait raison... qu'il est aimable! comme il parait m'aimer!
M. DE PLINVjaE, la voyant.
Ah! te voilà, mon enfant?
AGLAÉ
Vous m'avez fait demander, mon oncle.
M. DE PLINVILLE.
Oui, ton absence m'inquiétait... Eh bien, es-tu un peu remise de ton effroi?
AGLAÉ
C'était une faiblesse dont je suis honteuse...
M. DE PLINVILLE.
Non, non, cela mérite attention; cela annonce une répugnance...
AGLAÉ, hésitant.
Mais, mon oncle... je vous avoue que je viens de le voir, et que je commence à croire...
M. DE PLINVILLE.
J'entends, j'entends... c'est comme moi... tu ne peux pas le souffrir.
AGLAÉ
Comment! vous le trouvez...
M. DE PLINVILLE.
AIR (îu vainieviUe des Vélncifères.
Très-laid, du moins tel est mon soùt!
AGLAÉ
Il le paraît moins quand il cause; Car il a de l'cspril.
Du tout, Du jargon, et pas autre chose!
En tout point il vous contredit, Sans jamais trouver rien qui vaille, Et je croirais qu'il a l'esprit Encor plus mal fait que la taille.
(L'embrassant.)
Mais sois tranquille, mon enfant, ma chî>re Aglaé... je tiens trop à ton bonheur pour balancer un seul instant; je vais m'occuper dos moyens de retirer ma parole, sans offenser mon vieil ami : après tout, ce n'est pas ma faute, c'est la sienne... pourquoi diable a-t-il fait un fils bossu à ce point-là?
(il sort.)
l'amant cossu 215
AGLAE.
Mon oncle, ccoutcz-moi... Allons, il s'en va! SCÈNE XL
AGLAÉ, seule.
A merveille ! et avec sa ruse, voilà M. de Célicour bien avancé... ah! mon Dieu, c'est lui.