SCÈNE XII
AGLAÉ, CÉLICOUR, toujours en bossu, CELICOUR, regardant de tous côtés.
II est parti!... eh bien, mademoiselle, que vous avais-je annoncé? Votre oncle est vaincu, subjugué, et je vais le supplier de hâter no're mariage.
AGLAÉ
AIR : Ce que j'éprouve en vous voyant. (Romagnési.)
Premier couplet.
Non pas; attendez, je vous prie.
CÉLICOUR.
Daignez au mohis fixer le jour.
AGLAÉ
Il faut, lorsque l'on se marie.
Tous deux se payer de retour.
CÉLICOUR.
Ah! je sens que du mariage L'amour seul doit former les nœuds; Mais nous aurons, pour être heureux,
Ce qu'il en faut dans un ménage, Puisqu'à moi seul j'en ai pour deux.
Deuxième couplet.
AGLAÉ
Mais si, désormais inflexible, Mon oncle changeait de projets :
Enfin, s'il vous trouvait horrible, Que diriez-vous?
CÉLICOUR.
Je répondrais :
Sans l'élégance et sans la grâce En ménage on peut être heureux; Et d'ailleurs, si j'en crois mes yeux.
Il se peut bien que je m'en passe, Puisque ma femme en a pour deux.
AGLAÉ
Oui, monsieur, tout cela est très-bien, très-aimable;... il n'y a qu'un inconvénient, c'est que mon oncle, quoique vaincu, subjugué... enchanté de vous, cherche un moyen honnête de vous donner votre congé.
CÉLICOUR.
Pas possible!... moi qui me suis étudié à lui plaire.
AGLAÉ
Oh ! vous avez bien réussi.
CÉLICOUR.
Mais enfin, quelles raisons?...
AGLAÉ
Eli! monsieur, pouvez-vous me le demander? je vous répète qu'il vous trouve effrayant, et il ne veut plus de vous pour son neveu.
CÉLICOUR.
Vraiment?
Cela vous fait rire.
AGLAIi:.
i/amanthorsu 21'
CEUCOUR.
Sans doufo, et ce n'est pas sans raison; et |)uisf[u"il n'aime pas les bossus, je suis sauvé, et le vrai Picliard est poriiu : car je me déierai quand je le voudrai du seul défaut qu'on puisse me reprociier, tandis que lui... Oli! qu'il arrive nuiiulenant, je ne le crains plus.