‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 1 sur 183 · OEuvres complètes de Eugène Scribe · texte numérisé non relu

OEuvres complètes de Eugène Scribe

Eh! non, messieurs, ce n'est pas moi! C'est bien la peine de se déguiser, et de voyager incognito! Ces Parisiens ont un coup d'œil!... A peine m'ont-ils aperçue, qu'un d'eux s'est écrié : C est la Folie! c'est la Folie! et tous se sont mis à courir après moi ; j'ai eu toutes les peines du monde à leur échapper.

* Les parodies et les pièces de circonstance sont essentiellement du domaine du vaudeville. Par malheur elles survivent rarement à l'à-propos qui les a fait naître, et de toutes les pièces, beaucoup trop nombreuses, que j'ai composées en

AIR : Adieu, je vous fuis, buis charmant. (Sophie.)

J'ai, pour éviter les amants,

Plus qu'une autre besoin d'adresse;

ce genre, je n'admets dans ce recueil (Edition Aimé-André, 1827-1842.) que le Combat des Montagnes, non parce qu'elle est bonne, mais parce que, autrefois, elle a fait beaucoup de bruit, et qu'auprès de bien des gens, le bruit tient lieu de mérite. Voici à quelle occasion cet ouvrage fut donné.

A la fin de 1816, on avait établi à la barrière des Ternes un amusement fort connu à Saint-Pétersbourg et tout nouveau pour les Parisiens. C'étaient des montagnes en bois que l'on descendait sur des cbars à roulettes. Cette invention, qui eut beaucoup de succès, donna lieu à plusieurs pièces de circonstance, entre autres à une intitulée les Montagnes Busses. que nous fîmes jouer, sur le théâtre du Vaudeville, au mois d'octobre 1816.

Plus tard, d'autres établissements de ce genre se formèrent dans tous les quartiers de la capitale. On vit s'élever au sein de Paris : des montagnes suisses, illyriennes, égyptiennes, etc. EnQn vinrent de riches capitalistes qui, sur l'emplacement des anciens jardins Beaiijon, bâtirent des Montagnes Françaises. Plusieurs millions furent dépensés dans ces immenses constructions; il était impossible de rien voir de plus élégant et de plus magnifique que cet édifice offert par la mode aux caprices parisiens. Ce fut à l'occasion de cette lutte, de celte rivalité de montagnes, que fut composée la pièce qu'on va lire, qui ne dut sa vogue qu'à des circonstances tout à fait indépendantes de son mérite.

Après vingt-cinq ans de combats et de victoires, tout ce qui rappelait nos anciens succès, tous les hommes qui y avaient contribué étaient l'objet de la faveur universelle. De là cette considération, ce respect dont jouissaient nos soldats; considération que beaucoup de gens espéraient usurper en se don nant des manières et une tournure militaires. Ainsi, des jeunes gens qui n'avaient jamais été à nos 'armées, des commismarchands qui sortaient de leurs magasins, paraissaient dans toutes les promenades avec des moustaches et des éperons. Ce n'était là qu'un léger ridicule ; mais comme tout ridicule est justiciable de la comédie et du vaudeville, nous introdui-

Je suis poursuivie en tout temps Par la plus brillante jeunesse. Oui, dans l'âge heureux des plaisirs, Sur mes traces chacun s'empresse; C'est quand on ne peut plus courir Que l'on court après la sagesse.

Mais, plus je regarde, plus j'ai de peine à reconnaître ces bocages charmants , ancien théâtre de mes triomphes *. Quelle solitude!... Eh! mais, voici un pieux anachorète qui dirige ses pas de ce côté; quelle mise élégante ! quel tcinl fleuri ! Ma foi, c'est un ermite d'un nouveau ^enre ** !

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