SCÈNE XIII
LE MARÉCHAL, FRIïOT.
LE MAKÉCHAL.
EIi bien ! mon garçon, dîuons-nous enfin ?
FniTOT.
Dame, monsieur... Il para;t que monsieur est le niailre de la maison ?
LE MARÉCHAL
Mais. . je crois que oui...
ERITOT.
C'est que, voyez-vous, il n'y a que deux jours que je suis au Coq-Hardi, le traiteur du coin, et je vieus vous dire de la part de notre bourgeois que voilà une société qui arrive de Paris, qui va prendre votre dîner.
LE MARÉCHAL
Comment, prendre notre diner?
FRITOT.
Dame, c'est une société payante, et alors...
LE MARÉCHAL
Ab ! c'est-à-dire...
.'IGG GOMIODIES VAUDEVILLES
l'iUTOT.
J'scns bien qu' ça ne doit pas vous arranger; c'est comme ce .çros monsieur en lialiit marron ([ui vient de m'arrctei'.
Li; .MAniiciiAL.
Ce pauvre Vaueanson.
l'niTOT.
(l'est celui-là (jui a fait une mine quand j'y ai dit <ju'on ne dînerait pas... Mais, v"là qu' j'y pense, c'est peut-ftre une bèlisc que j'ai faite là, parce que si vous êtes mal dans vos affaires et que vous n'ayez pas d'argent, il no faut pas que vos amis le sachent
LE MARIÎCIIAL.
C'est juste.
IRITOT.
Et si mon maître est las de vous faire crédit, cl qu'il ne veuille donner son dîner que l'argent à la main, (;a ne regarde jiersonne, et c'est à vous à savoir ce qu'il faut faire.
LE .MAUÉCHAL,
Tu as raison.
FRITOT.
Ainsi vous voilà averti qu'il y a une société payante qui le demande; on vous donne la préférence, et si, (Tici à dix minutes, vous ne faites rien dire, on en disposera, et je retourne à la broche.
LE MARÉCHAL
C'est bon, tu feras mes compliments à ton maître sur l'in- (elligeiicc de son aide de camp... je veux dire de son aide de cuisine.
KPiITOT, tendant la main.
Oui, monsieur Boissy... Il n'y a pas autre chose?
LE MARÉCILVL,
Non.
LES DKHORS TROMPEURS 357
FRITOT.
AIR : Ah ! qu'il csl tloiix de vendanger! {Les Vendangeurs.)
Puisque v'ià tout, c'est entendu,
J* m'en vas comme j' suis v'nu ; Not' maître me l'avait bien dit.
Et j* commence à le croire,
Avec les gens d'esprit,
Y gnia jamais d' pour-boire.
(il son.)