SCÈNE IL Les mêmes; LEGRAND
LEGRANI).
Laissez-moi, laissez-moi passer, je suis de la maison.
M""" GOBIX.
Qu'est-ce que c'est que ce monsieur-là?
MOKA
C'est le souffleur.
M"'" GOBIN
Il a un air endormi.
MOKA
Dame ! il lit la i)i;'ce tous les soirs.
LEGRAND
Garçon, une demi-lasse?
MOKA, criant.
N'ersez au salon !
M""" GOBIN
C'est apparemment pour se réveiller.
MOKA, à Lejranij, qui soufflo sur son café.
Eh! ne soufflez pas, ce n'est pas trop chaud : ce que c'est que l'habitude! — Eh bien! monsieur Legrand, nous avons encore du monde.
LEGRAND
C'est une bénédiction.
AIR Je Uarianne.
Chez nous, depuis qu'on se rassemble, Tout va des mieux, et grâce au ciel, A la Gaitt^, Lutèce tremble, Et nous faisons pâlir Daniel *.
Qu'un gai délire
Chez nous attire, Mais qu'en sortant on finisse par rire
Tout notre espoir
Serait de voir Qu'on assiégeât tous les soirs
Nos couloirs.
Loin que celte guerre nous lasse, Accourez! Nous tiendrons longtemps, Puisque ce sont les assiégeants Qui nourrissent la place.
Ah çù! vous avez là le manuscrit que je vous ai laisst^'?
MOKA
Oui; le voilà. Si vous voulez qu'on le porte au théâtre?
LEGRAND, le mettant dans sa poche.
Je le porterai moi-même. Songez donc que je tiens hi tout le talent des acteurs et tout l'esprit de la pièce.
MOKA
Enfin, si vous voulez?...
LE GRAND
Je vous remercie... ça n'est pas lourd.
MOKA
Est-ce que vous allez déjà vous installer dans votre loge?
M""- GOBIN
Si ce monsieur pouvait me donner une petite place... en
* Lutèce et Daniel, mélodrames de la Gaîté et de la Portc- Saint-Martin.
ses errant un peu?... Qu'est-ce que j'entends là? Enfin, c'est mon mari ; ma foi, ce n'est pas sans peine.