SCÈNE VI
Les mêmes; LE BARON.
ELVINA, courant à lui.
Bonjour, mon père, (voyant l'nir froid de son père.) Eli bien! est-ce que tu es encore tâché contre moi?
Mais, franchement, Elvina, cette scène d'iiier au soir...
ELVINA, vivement.
Que veux-tu? Je ne puis supporter le prétendu bon ton de toutes vos sociétés. Un monsieur de Forbel, petit fat parfumé, qui me dit, en arrangeant sa cravate devant une glace : Quand mademoiselle sera-t-elle colonel de hussards? Morbleu! si je l'étais...
LE BARON
El tu me demandes encore ce qui cause mon chagrin!
AIR : Le briquet frappe la pierre. {Les Deux Chasseurt.)
Lorsque jeune, aimable et belle, Ma fille, par sa douceur.
Pouvait faire mon bonheur Et le fixer auprès d'elle, Elvina ne songe, hélas!
Qu'à l'exercice, aux combats, Mais à moi ne songe pas.
^'oyant enfin la paix faite, Dans mes foyers j'espérais Vivre en repos désormais...
Et loin d'avoir ma retraite.
Grâce à toi, dans ma maison.
Je me crois en garnison.
ELVINA, lui prenant les mains.
Eh bien! mon père, voilà qui est dit. Pour te plaire, pour toi seul, je me corrigerai, j'étudierai.
FRANCK, sa lettre îi la main.
Oui, mon colonel, nous étudierons; et pour commencer, si vous voulez me lire ceci.
Une lettre!
FRANCK
Oui, c'est une letti'c, que l'on m'écrit à moi.
LE BARON
Trés-volontiers, mon camarade. Eh ! mais il n'y a point d'adresse.
FRANCK
Non, ça m'a été donné de la main à la main.
LE BARON, lisant.
a En vous voyant, mon cœur se plaît à vous croire aussi « bonne que belle. » De qui parlc-t-il donc?
FRANCK
Mon colonel, c'est sans doute une faute d'orthographe.