L E P E T IT U H A G 0 N
LE BARON
Continuons. (H lit.) « J'ai trouvé le moyen de parvenir « jusqu'à la petite porte qui donne en face du jardin... »
FRANCK
Celle du parapet, bon!
LE BARON, continuant.
« Tous les jours, à deux heures, je puis écarter mes surce veilianls ; il dépend de vous de me rendre au bonheur, « et si vous partagez mes sentiments, belle Elvina... »
FRANCK
Aïe! aïe!
LE BARON, lisant bas.
Comment! une déclaration! (a Eivlna.) Ecoule, ma fille, c'est à toi que cela s'adresse.
ELVINA.
Ah ! je l'ignorais, mon père; j'ai cru que ce pauvre jeune homme ne parlait d'autre chose que de sa captivité.
LE BARON
Ah! c'est un jeune homme?
FRANCK
Eh bien! oui, mon colonel, c'est un jeune homme, c'est un prisonnier. Nous avions déjà résolu de le secourir, et si vous voulez être de la partie...
LE BARON
Y penses-tu?
ELVINA, vivement.
Oh! oui, mon pure, tu m'aideras à le délivrer, tu auras pitié d'un malheureux jeune homme qui réclame nos secours. Je te réponds qu'il n'est pas coupable; il ne peut pas l'être avec une figure aussi intéressante.
LE BARON, à part.
Le hasard m'otîrirait-il enfin l'occasion de lui donner une
bonne leçon! Avant tout, allons prendre quelques informations sur celte aventure.
Eh bien, mon père?
LE BARON
Ma foi, ma chère Elvina, ton élan généreux m'cntraine, m'électrise, et je te promets de rêver aux moyens...
ELVINA.
De le délivrer.
FRANCK
C'est ça, délivrons-le, mille bombes! mon colonel s'ra le général, Elvina l'aide de camp, et moi le corps d'armée, et je vais tout disposer.
AIR du vaudeville de Cilles en deuil.
Nous nous reverrons sur la brèche, J'espère qu'il y fera chaud.
LE BARON, à part.
Méditons sur cette dépêche.
Et tâchons d'empGcher l'assaut.
FRANCK
Comme d'abord, en temps de guerre, Il faut voir clair à ce qu'on fait, Je vais mener, avant l'affaire, *
Le corps d'armée au cabaret.
FRANXK et ELVINA.
Nous nous reverrons sur la brèche, etc.
LE BARON
Nous nous reverrons sur la brèche, J'espère qu'il y fera chaud, Méditons sur cette dépêche, Et tâchons d'empêcher l'assaut.
(Le baron rentre chez lui ; Franck sort par la ga^cha.)