‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 57 sur 183 · L E P E T IT U H A G 0 N · texte numérisé non relu

L E P E T IT U H A G 0 N

LE BARON

Continuons. (H lit.) « J'ai trouvé le moyen de parvenir « jusqu'à la petite porte qui donne en face du jardin... »

FRANCK

Celle du parapet, bon!

LE BARON, continuant.

« Tous les jours, à deux heures, je puis écarter mes surce veilianls ; il dépend de vous de me rendre au bonheur, « et si vous partagez mes sentiments, belle Elvina... »

FRANCK

Aïe! aïe!

LE BARON, lisant bas.

Comment! une déclaration! (a Eivlna.) Ecoule, ma fille, c'est à toi que cela s'adresse.

ELVINA.

Ah ! je l'ignorais, mon père; j'ai cru que ce pauvre jeune homme ne parlait d'autre chose que de sa captivité.

LE BARON

Ah! c'est un jeune homme?

FRANCK

Eh bien! oui, mon colonel, c'est un jeune homme, c'est un prisonnier. Nous avions déjà résolu de le secourir, et si vous voulez être de la partie...

LE BARON

Y penses-tu?

ELVINA, vivement.

Oh! oui, mon pure, tu m'aideras à le délivrer, tu auras pitié d'un malheureux jeune homme qui réclame nos secours. Je te réponds qu'il n'est pas coupable; il ne peut pas l'être avec une figure aussi intéressante.

LE BARON, à part.

Le hasard m'otîrirait-il enfin l'occasion de lui donner une

bonne leçon! Avant tout, allons prendre quelques informations sur celte aventure.

Eh bien, mon père?

LE BARON

Ma foi, ma chère Elvina, ton élan généreux m'cntraine, m'électrise, et je te promets de rêver aux moyens...

ELVINA.

De le délivrer.

FRANCK

C'est ça, délivrons-le, mille bombes! mon colonel s'ra le général, Elvina l'aide de camp, et moi le corps d'armée, et je vais tout disposer.

AIR du vaudeville de Cilles en deuil.

Nous nous reverrons sur la brèche, J'espère qu'il y fera chaud.

LE BARON, à part.

Méditons sur cette dépêche.

Et tâchons d'empGcher l'assaut.

FRANCK

Comme d'abord, en temps de guerre, Il faut voir clair à ce qu'on fait, Je vais mener, avant l'affaire, *

Le corps d'armée au cabaret.

FRANXK et ELVINA.

Nous nous reverrons sur la brèche, etc.

LE BARON

Nous nous reverrons sur la brèche, J'espère qu'il y fera chaud, Méditons sur cette dépêche, Et tâchons d'empêcher l'assaut.

(Le baron rentre chez lui ; Franck sort par la ga^cha.)

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