‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 91 sur 183 · SCÈNE VllI · texte numérisé non relu

SCÈNE VllI

ARGUS, PHILOTDIE.

PHILOTIME.

A-t-on vu une étourderie comme celle-là? moi qui dois prononcer un discours improvisé, et qui oublie d'en prendre la copie.

Alll du vaudeville do Laulhénie.

J'ai toujours, pour les grands moineuls, Un discours préparé d'avance; C'est Le même depuis vingt ans, C'est un chef-d'œuvre d'éloquence.

Soixante fois depuis ce temps.

Je l'ai prononcé d'abondance...

.\vec de légers changements, Il est toujours de circonslanee.

LES GOMIGES U ATHENES

lè^

ARGUS

L'ami, que viens-tu chercher ici ?

PIIILOTIME.

Et qui es-tu toi-même, qui ne sais pas que je suis de la maison ?

ARGUS

Eh bien ! si tu es de la maison, décampe au plus vile '. Nous avons besoin d'être seul, et ta présence nous génoiïln-i

PIIILOTIME, à part. ';. ' "'

Voilà un hardi coquin! serait-ce celui qui a remplace Machaon? (Haut.) Combien y a-t-il ([ue tu es ici ?

ARGUS

Voilà huit jours (lue madame m'a ijris.

PHILOTIME. lao'o ÛUp

Eh bien! apprends qu'il y a beaucoup plus IqngCewifvs que je suis à son service, et que, si tu dis un seul mot, je t'enverrai tourner la meule. .,;,( ^^-^

ARGUS, à part. 'oôqrtî'J J

11 faut que ce soit quelqu'ai'franchi, car il est plu^'^iî^blent que moi. (Haut.) Écoute, camarade : ne te fâche ^flàs.^? c'est par l'ordre de madame, ainsi va-t'en et ne dis rien ! elle a un rendez-vous. 'J ^

.1//Î de Casuaid L'Ai-isé. ,

Oui, pouf souper, ce son", ou couiple

Sur un ealant, sur un archonte ; . . .,

Quand 1 époux parlera bien haut, '■

Oh! oh! oh! oh! i^indoMoî.

Tout bas madame parlera, '''^ ^'^ ,'.aOMO

Ah! ah! ah! ah! ni Eoi itJOq Pourtant chacun s'entendra. '?M{rÀ ?.ar,a

PHILOTIME.

Ah ! par Vulcain, qu'entends-je là ! ' '

ARGUS

Nous connaissons tous ces tours-là :

C'est un rien qu' ça.

PHILOTIME.

C'est déjà Bien assez comme ça.

ARGUS

Je dois les servir à table. La dame a voulu, par un petit raffinement de pruderie, qu'il y eût là un témoin... mais tu sais qu'en pareil cas on ferme les yeux, et moi ça me coûte moitié moins qu'à un autre.

PHILOTIME.

Et tu t'es prêté?...

ARGUS

Comme si un esclave était son maître ! Est-ce que tu crois que c'est pour mon plaisir? je suis déjà assez fâché de ne pouvoir pas assister à l'assemblée !

PHILOTIME.

Eh bien! écoute... entre camarades il faut s'aider... Qui t'empêche d'y aller ? je servirai à ta place, je me charge d'arranger cela avec madame. Elle aimera même mieux que ce soit moi.

ARGUS

Tu crois ?

PHILOTIME.

Quand je le dis que je prends tout sur moi.

ARGUS

Et moi, je te promets de te rendre compte de la séance. Je te dirai si l'on s'est occupé de la réclamation des Phocéens, ou de la guerre contre les Perses. Tu es sans doute pour les Phocéens ?... Et moi aussi ! je trouve qu'on ne peut sans injustice...

PHILOTIME.

C'est bon. Pars, tu n'auras pas de place... Eh bien 1 où

LES COMICES u'aTHÈNES 189

vas-tu avec ce bonnet phrygien? On te reconnaîtrait pour esclave.

ARGUS

Tu as raison; je vais le laisser au logis... Adieu, camarade.

AIR du vaudeville de Cilles en deuil.

Grand merci de ta complaisance :

Va, j'espère bien quelque jour, Te prouver ma reconnaissance Et payer ma dette à mon tour.

Aux Comices je vais me rendre.

PHILOTIME.

Et moi je reste ici ce soir.

ARGUS

Puissé-je là-bas tout entendre !

PHILOTIME.

Et moi puissé-je ne rien voir !

Ensemble, ARGUS.

Grand merci de ta complaisance 1 Va, j'espère bien quelque jour, Te prouver ma reconnaissance Et payer ma dette à mon tour.

PHILOTIME.

Cachons-lui que ma complaisance N'est ici qu'un adroit détour.

Et que ce soir, par son absence, Il me rend service à son tour.

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