SCÈNE X
PHILOTIME, POLÉMON.
POLÉMON, à la cantonade.
C'est bien, dites-lui que je l'attendrai. Aux dieux ne plaise que je la dérange de sa toilette! Nous sommes trop heureux, lorsque les dames d'Athènes veulent bien se livrer à des soins pareils.
Alli : On dit que je suis sans malice. (Le Bouffe e< l? 'i'aiUçur.)
Hélas ! c'est à la politique Qu'aujourd'hui la beauté s'applique, Chez l'artisan, le magistrat On trouve des femmes d'Etat.
LKS COMICES D ATIIENKS
Chez la crémière on délibère, Et Glycèrc, la jardinière, Ne vend plus ses roses, dit-on.
Qu'aux gens de son opinion.
PIIILOTIME, à part.
C'est Polémon ! Eh bien ! cet archonte-là ne m'a jamais plu. Aussi, patience! aux prochaines élections...
POLÉMON
Théone est de parole. Voilà les apprêts du festin, et nous pourrons causer librement de ce qui m'intéresse. Mais pourquoi veut-elle qu'un témoin assiste à cette entrevue? Il est fort incommode d'avoir derrière soi un confident obligé de tous ses discours, (a Phiiotime.) Dis-moi, l'ami, tu es au service de Théone ?
PHILOTIME.
Oui.
POLÉMON
C'est loi qui nous sers à table?
PHILOTIMt:.
Oui.
Et lu as de l'esprit ?
Oui.
POLEMON.
PHILOTIME.
POLEMON, à part.
Voilà un esclave presque aussi laconique qu'un Spartiate. (A Philolime.) Tiens, il y a vingt drachmes dans cette bourse.
PHILOTIME.
Oui.
POLÉMON
Quand je te ferai signe, tu auras soin de disparaître et de nous laisser. Nous avons à causer d'objets importants, d'affaires de famille... Tu m'entends?... Il suffira de t'absenter pendant quelques instants...
PHILOTIME, à part.
Je ne sors pas d'ici.