SCENE PREMIERE
DUHAZARD, MÉCANIQUE, se tenant par la main.
MECANIQUE
« Oui, puisque jo retrouve un ami si fidèle, « Ma fortune va prendre une face nouvelle... »
Comment, mon cher Duhazard, c'est toi que je retrouve établi à rsanterre ?
DLUAZARD.
Ce pauvre Mécanique ! il n'est pas changé, je le vois encore avec le tablier blanc et la veste de nankin, chez ce brave limonadier qui nous logeait tous à crédit.
COMKDIES — VAUDEVILLES
MECANIQUE
Mon oncle Marasquin...
Alfl : Un homme pour faire un tableau. [Les Hasards de la guerre.) Ton amitié, j'aime à le voir, A ce souv'nir fidèl' se montre.
DUHAZARD.
Oui, c'est chez lui, près du comptoir, Ou nous fîmes noir' premier' rencontre.
MÉCANIQUE
Tu m'empruntas dès 1' premier soir...
V'ià comm' tu m'as connu, je pense.
DUHAZARD.
Et d'puis je m' suis fait un devoir De r'nouv'ler souvent connaissance.
Oui, tu m'as vu dans le temps de mes fredaines, dans les jours d'orage et de grandes passions... Ce n'est plus cela... je ne suis plus ce brillant étudiant en médecine... la coqueluche de tout le faubourg Saint-Jacques... Tu sais qu'à'la Faculté de Paris ils ont refusé de me recevoir, sous prétexte que je ne savais rien... comme si c'était une raison, et comme si les gros bonnets de l'ordre... Ma foi, j"ai pris mon parti et mon scalpel, et je me suis mis à courir la province... rognant... taillant... tranchant dans le grand; j'ai fait- de tout, jusqu'à des guérisons !... J'ai là les certificats; et à la iin, fatigué de cette vie errante... sistimus hic tandem, je me suis arrêté dans celte ville, où tu me vois chirurgien séJentairc cl officier de santé à ton service.
Certainement, ce n'est pas de refus...
DUHAZARD.
Comment! serais-tu malade?
MÉCANIQLE.
C'est-à-dire, malade... jusqu'à un certain point... je suis amoureux.