‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 2 sur 188 · L II 0 M M E A U T 0 M A T E · texte numérisé non relu

L II 0 M M E A U T 0 M A T E

DUHAZARD.

Parbleu! si tu crois me rapprendre... peau moite... pulsations fréquentes... c'est écrit... ça doit être même assez grave...

MÉCANIQUE

Voilà trois mois que ça m'a pris...

DUHAZARD.

Et ça continue?...

MÉCANIQUE

Avec des redoublements... C'est au bal de la Chaumière que ça m'a commencé... Je dansais avec une petite brune... c'est-à-dire, une châtaine...

DUHAZARD.

Sous les marronniers?

MÉCANIQUE

C'était en été... dans le jardin... il faisait très-chaud... et j'ai senti tout d'un coup que ça me venait de là... v'ian ! comme un coup d'air.

DUHAZARD.

Diable!... diable!... très-dangereux.

AIR du vautioville do Haine aux femmes.

Est-ce à Paris que serait né L'objet de ta flamme sincère?

MÉCANIQUE

Non, ce qui m'a déterminé ,

C'est que la belle est de Nantcrre.

Dans cet endroit cher aux marmots

La pâtiss'rie n'est pas légère,

Et l'on dit qu' les femm's, à Nanterre,

Sont d' la mêm' pât' que les gâteaux.

DUHAZARD.

Ah ! elle demeure ici ?

MÉCANIQUE

Oui, mon ami, elle est ici... à Nanterre... dans une gar-

gole, c'est le mot propre; car, pour nous autres qui avons liabité Paris, tu sais ce que c'est qu'un restaurateur de province, et son père en est un.

niHAZVRD.

Est-ce que par liasarJ ce serait le p'TC Lémincé qui loge ici, A ht Belle Madeleine?

MÉCANIQUE

Justement.

DUHAZVRD.

Et qu'est-ce que tu comptes faire?

MÉCANIQUE

J'aurais bien envie... c'est une idée qui m'est venue, et que je ne crois pas mauvaise... de me présenter chez ce père dénaturé, en qualité de garçon traiteur... mais il faudrait se faire connaître ou avoir des répondants.

DUIIAZARD.

Eh bien, ne suis-je pas là... moi, médecin en chef de la ville de Nanterre?... et quand je te présenterai comme un jeune homme à son aise, qui ne tient pas aux appointements...

MÉCANIQUE

Si fait... si fait... j'y tiens beaucoup; songe donc que je suis- sorti de chez mon oncle sans rien emporter... 11 est vrai que le voilà, et que j'ai les deux cents francs que tu me dois.

DUIIAZARD.

MoUons que tu n'as rien.

MÉCANIQUE

Comment!...

DUIIAZARD.

Oui, faisons une supposition... Qu'est-ce qu'il te faudrait?

Mais, dame!... une place de cent écus.

L HOMME AUTOMATE

DUIIAZARD.

Je m'en charge, avec d'autant plus de plaisir que cela va liquider notre restant de compte...

MÉCANIQUE

Comment! qu'est-ce que tu dis donc?

DUHAZARD.

Sans doute... Je te dois deux cents francs, je te donne cent écus, tu vois bien que c'est cent francs que tu me dois.... Avant tout, il faut mettre de l'ordre dans une liquidation.

MÉCANIQUE

Mais, permets donc!

DUHAZARD.

Tais-loi... voilà le futur beau-père que j'entends crier... Laisse-nous en tèle-à-tête.

MÉCANIQUE

Arrange ça comme tu voudras, mais que je voie Claudine... voilà tout ce qu'il me faut...

(il soit.)

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