SCENE X
T.ÉMINCÉ, CLAUDINE, DUHAZARD ; MÉCANIQUE, sur le
piédestal et près du salon.
■CLVUDIXE, acconipagnont tout le monde jusqu'à la porte, et s'arrètanl prôs de l'automate qu'elle regarde.
Ah ! mon Dieu !
liLminciï.
Eh bon ! quoi qu'elle a donc ? La v'ià là comme une ébouriffée... quoi!...
CLAUDINE, interdite.
C'est que... c'est cette figure... ([ui est là... toute droite ! (a part.) J'ai cru que c'était lui.
LÉMINCÉ.
Eh! sans doute il est là, en attendant qu'il aille là-dedans faire ses exercices.
CLAUDINE, à part.
Je n'en reviens pas, c'est que c'est son teint, son menton... jusqu'à son nez retroussé... il faut qu'on l'ait modulé.
(EUo s'approche de Mécanique qui Teut faire un mouvement de la main; oUe s'enfuit effrayée.) Ah !
LÉMINCÉ.
Eh ben ! quoi qu'elle a donc encore ?
CLAUDINE
Ah ! mon papa, quelle peur j'ai eue 1 c'est cet hommc-là qui a remué.
l'homme automate 23
Lli.MIXCÉ, à DuhazarJ.
Dites donc, est-oUe bète pour son âge !
CLAUDINE
Je vous réponds qu"il a remué.
LÉMINXK.
Imbécile, lu ne vois pas que ça imite la nature ! tout remue dans la nature... les hommes remuent, les animaux remuent, tu vois bien que je remue, (a Duhazard.) Ces petites tîlles, ça ne raisonne pas.
CLAUDINE, regardant l'automate qui essaie de faire des signes.
Oui, en elfe*. Ah ! que c'est drôle !
DUHAZARD, à Léniincé, qu'il prend à part, et auquel il tâche de faire tourner le dos à sa fille et à Mécanique.
Sans doute... c'est comme une montre à répétition.
(Pendant ce tenrips, Mécanique a cherché à se taire comprendre de Claudine, en tournant la têle vers elle, ou en mettant la main sur son cœur, ou en levant le pied pour descendre du piédestal. Chaque fois que Lémincé tourne la tète, il reste dans l'attitude où il se trouve.)
DUH.iZAUD, con'.inuant.
Vous n'avez peut-être jamais vu de montre à répétition ? Eh bien, imaginez-vous, père Lémincé... que c'est le même
procédé. (Lémincé se tourne et aperçoit Mécanique qui se baisse pour embrasser Claudine et qui reste en position.) Exactement le mèmC ;
écoutez-moi donc. (Montrant le cœur.) Il y a uu grand ressort qui est là. (Montrant la tète.) Ça répond ici.
LEMINCE, aperçoit Mécanique qui n encore fait le mêmî geste.
C'est drôle, voilà deux fois que je le vois de là...
DUHAZARD.
Eh bien ! deux fois, qu'est-ce que ça fait? puisque je vous dis que c'est à répétition...
(il a l'air de continuer ses explications.)
2i COMÉDIES VAUDEVILLES
CLAUDINE, regardant le geste de Mécanique.
C'est étonnant comme ça manœuvre... Est-ce qu'il serait vivant?
LÉMIXCÉ, à Duhazard.
Ma foi, mon voisin, ce que vous me dites là me donnerait presque l'envie de me risquer.
DUHAZARD.
Je suis médecin du tliéàtre... j'ai des protections, et je puis vous faire entrer gratis.
CLAUDINE
Ah ! quel bonheur !
DUHAZARD.
Mais, par exemple, rien qu'une personne !
LÉMINCÉ, à Claudine.
Eh hen, c'est clair... on a beau avoir les bras longs, on ne peut pas protéger tout le monde, (a Duhazard.) Et voyezvous, il vaut mieux que ça soil moi, parce qu'il n'entre pas dans mon plan d'éducation que ma fille fréquente beaucoup les spectacles.
DUHAZARD.
Comme vous voudrez... lil)re à elle de s'amuser aux bagatelles de la porte.
(Du'-iazard et Lt-mir.cé entrent dans le salon.)