‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 162 sur 188 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

NARCISSE, seul.

On se lève donc bien tard dans ce. château ! j'ai déjà fait trois OU quatre tours de jardin... et je n'ai pas trouvé un seul individu... Quand je dis un seul individu... c'est une laçon de parler... car j'ai fait une rencontre... à laquelle... je ne m'attendais pas... J'allais m'asseoir au pied d'un arbre, près du petit pavillon chinois, lorsque j'y trouve la personne que voici... 'se fouillant.) FAï bien, où l'ai-je donc mise?... dans ma poche de côté... (Tirant un portrait.) Parlez-moi de ça... voilà comme je les aime... parce que dôs qu'on se môle de porter une ligure... il faut en avoir comme ça ou pas du tout... C'est drôle, je ne peux pas détacher mes yeux de cette peinture... et plus je la regarde, plus je sens là... Si j'avais mon portrait aussi, moi, au moins je pourrais... mais je vous le demande, est-ce vexatoire... de ne pas se connaître soi-même?... de ne pas savoir à quoi l'on ressemble?,.. C'est pas l'embarras, si j'en crois papa et mon gouverneur, je sais à peu près à quoi m'en tenir... Quand j'étais petit, ils étaient toujours à me dire : « Ah qu'il est laid, Fanfan ! qu'il est laid!... » Est-ce que j'aurais par hasard quelque dif-

formilé dans la physionomie ? Cependant, quand je regarde le reste du pliysique, ce que j'en vois n'est pas mal... Certainement, voilcà une jambe du plus favorable augure... tout le laid serait donc répandu sur la figure?... Au surplus, quand je serais un monstre, ce n'est pas une raison pour m'ôter la jouissance de ma physionomie...

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