SCENE VI
Les mêmes; SOPHIE que M'"*^ de Luceval va chercher dans le cabinet et qu'elle amène derriùre Narcisse.
LÉON
Dieu!... que vois-je!...
NARCISSE
Eh bien... il n'avait donc pas encore regardé?
LÉON
Oui, vous avez raison; jamais rien de plus joli ne s'otïrit à ma vue.
NARCISSE, à part.
Il parait que je ne suis pas si mal.
M'"*^ DE LUCEVAL
Eii bien! admirez... et profitez de l'occasion.
LÉON
Oui, j'en profiterai... Oli! combien je suis heureux !
M'"« DE LUCEVAL
.le savais bien que vous m'en remercieriez...
NARCISSE, se levant.
Est-ce qu'il a déjà fait quelque chose?
M'""= DE LUCEVAL, le retenant.
Ne bougez pas.
LÉON
Non, rien encore... mais je commence...
M'"" DE LUCEVAL, à Léon.
.1/ft .■ GcnUlle fiancée.
l'remicr couplet.
Voiw vous le champ est vaste La peinture, entre nous.
Ne vit que de contraste :
Regardez devant vous.
Quel heureux assemblage!
Près d'un minois si beau, Ce grotesque visage Qui fait ombre au tableau.
Ensemblem M"'" DE LUCEVAL.
Quelle aimable séance !
Ah! de la ressemblance Moi je réponds d'avance, Et Léon, trait pour trait, Va faire le portrait.
LÉON
Quelle aimable séance !
Oui, de la ressemblance Mon cœur répond d'avance,
(a part.) D'elle encor, trait pour trait, J'aurai donc le portrait.
SOPHIE, à part.
Quelle aimable séance!
Ah! de la ressemblance Mon cœur répond d'avance; Oui, de moi, trait pour trait.
Il aura le portrait.
Enfin, je prends séance, Et de la ressemblance J'ai la douce espérance !
Oui, bientôt, trait pour trait, Je verrai mon portrait.
Deuxième couplet.
LÉON
Quel regard vif et tendre !
Quels contours gracieux
M™^ DE LUGE VAL
Allons, lâchez de rendre Ce qui s'offre à vos yeux.
LÉON, à part.
D'honneur! je m'imagine Voir, dans ce séjour, Un magot de la Chine A côlé de l'Amour.
Ensemble.
M'"'' DE LUCEVAL
Quelle aimable séance, etc.
LÉON.- Quelle aimable séance, etc.
SOPHIE, à part.
Quelle aimable séance, etc.
NARCISSE
Entin, je prends séance, etc.
. (a la fin du morceau on entend un fouet de postillon.)
SOPHIE, à part, rentrant dans le cabinet.
Dieu! c'est mon père...
LEON, se levant brusquement pour regarder à la cantonade.
C'est M. de Mennevillc qui descend de voilure...
M'"'^ DE LUCEVAL
Partons vite...
(Pendant ce temps Narcisse s'est levé, a couru au carton et s'est empare
de la feuille sur laquelle Léon a conimencé à dessiner.)
LEON, se retournant.
Eh bien... qu'est-ce que vous faites donc là?... Rendezmoi cette esquisse..
NARCISSE
Non pas, c'est à moi... je m'appartiens...
LÉON
Mais je vous répète... qu'il n'y a rien de fini...
NARCISSE
C'est égal, je verrai toujours bien et je n'ai pas besoin d'attendre que je sois aciievé de peindre...
LÉON
Encore une fois, morbleu !...
M™'^ DE LUCEVAL à Léon.
Venez vite... au-devant de mou oncle...
(m™* de Luceval emmène Léon.)