SCÈNE XIV
Les MÈ.MES ; SOPHIE.
SOPHIE, dans les bras de M. de Menneville.
Ah! mon bon père !
Ah ! mon Dieu! qu'est-ce ([ue je vois donc ? c'est étonnant! la ressemblance doit èire frappante.
M. DE MENNEVILLE
El avec qui?
NARCISSE
\'n'is ne le voyez pas ? Ouvrez donc les yeux : avec moi. parbleu !
M. DE MENNUVILLE. .
Du tO.Ut !
LÉON
Fi donc !
NARCISSE
Vous êtes aveugles, ou j'ai perdu l'espril.
LÉON
C'est possible !
NARCISSE
Ça me semble une lelle conformité de physionomie que je ne sais comment expliquer... ça doit être pour le moins ma sœur jumelle !
M. D]^ MENNE VILLE.
Je suis peu physionomiste, je l'avoue.
jjme j)jj LVCEVAL, présentant un miroir à NarcisiC.
Jugez-en vous-même...
NARCISSE, rccul.int.
Ça m'a fait peur!... quelle est cctle maussade figure que vous avez mise là-dedans? Il me fait la grimace! liein?... Oli!... Comment, ce serait possible! non! cette fois-ci, comme vous le disiez, la glace ne dit pas la vérité... Et ce portrait?...
LÉON
C'était celui de ma Sophie.
NARCISSE
De ma Sophie ! Oli ! là ! là ! eh ! mais, c'est la personne (jue j'aime.
LÉON
C'est celle que je vous défends d'aimer.
NARCISSE
Mais, je vous le demande, à quoi servent les glaces? je ne pourrai jamais m'accoutumer à ma physionomie actuelle!
LE BKAU NARCISSE 319
Si je n'en avais jamais eu d'autre, je ne dis pas, on se fait une raison... (Montrant Sophie.) Mais voilà ce qui m'a gâté.
M. DE JIEXNEVILLE.
- Alors pourquoi l'avcz-vous refusée?
NARCISSE
Pourquoi? parce que je l'aimais, parce que je l'idolâtrais... c'est clair comme le jour.