‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 78 sur 188 · I.E TKMOIN · texte numérisé non relu

I.E TKMOIN

SAINT-FIRMIX.

Mon ancien général !

M. DE VERMEUIL.

Fort bien, monsieur! trois duels à la fols.

ADÈLE

Ah ! Victor, est-ce là ce que vous m'aviez promis?

VICTOR

Et ma cousine aussi ; je suis perdu I

COURTOIS, à part. .

C'est mon bon ange qui les envoie.

VICTOR, embarrassé.

Mon cher oncle, je vous jure que c'est bien malgré moi... une fatalité...

ERNEST, à M. de Vermeuil.

J'ignorais, monsieur, que vous fussiez l'oncle; je n'aurais pas pris la liberté de m'adresser à vous pour me servir de second.

M. DE VERMEUIL.

Pourquoi donc, monsieur? je vous en servirai.

ERNEST

Contre votre neveu ?

M. DE VERMEUIL.

Sans doute, (a Saint-i-irmin.) Et à Saint-Firmiu aussi.

SAINT-FIRMIN

Mon général...

VICTOR, à part.

Que veut-il dire?

ADÈLE

Eh bien! mon oncle qui s'en mêle aussi!

COURTOIS, à part.

C'est un gàte-métier que cet homme-là.

M. DE VEBMEUIL.

Seulement, messieurs, je me flatte que mon expérience et mon grade me mériteront assez votre confiance, pour que vous me laissiez maître du lieu et du choix des armes.

(Saint-Firmin et Ernest s'inclinent.) VICTOR.

Mon oncle !...

M. DE VERMEUIL.

Oh ! ne craignez rien, je ne vous empêcherai pas de vous battre; au contraire...

ADÈLE

Ah ! mon Dieu !

M. DE VERMEUIL.

La campagne va s'ouvrir; dans quinze jours nous partons

pour l'armée, (a Saint-Firmin et à Ernest.) McssicurS... VOUS SCrCZ

tous trois à côté de moi, et nous verrons celui qui se montrera le mieux; depuis vingt ans, voilà comme je termine mes affaires d'honneur.

SAINT-FIRMIN, et ERNEST vivement.

Général, nous acceptons.

ADÈLE

Ah ! je respire.

COURTOIS

Et moi je suis sauvé... (a part.) parce qu'avec de tels sentiments et un tel oncle, il est impossible que ma lettre de change... Je la présenterai demain.

M. DE VERMEUIL.

Pour toi, Victor...

AIR : A soixante ans, on no doit pas remettre. {Le Dîner de Sladslo

Pour mériter de nouveau mon estime, Pour obtenir ce cœur qui t'est promis,

Dans un combat pkis légitime,

Défends ton prince et ton pays.

De tes torfs envers la pairie

Ton bras peut t'absoudre aujourd'hui,

Oui, ta valeur peut t'absoudre aujourd'hui ;

Et s'il est vrai que le feu purifie.

Ah! c'est surtout le feu de l'ennemi.

TOUS

Oui, s'il est vrai que le feu purifie, Ah ! c'est surtout le feu de l'ennemi.

COURTOIS, à M. de Vermeuil.

Ah çà! permettez! vous nous enlevez ces jeunes gens, VOUS allez faire la guerre ; est-ce qu'il n'y aurait pas moyen d'arranger cette affaire-là?

SI. DE VERMEUIL.

Avec l'ennemi? Non, monsieur ; ce sont les seules que nous n'arrangeons jamais.

YAUDEVILLE.

AIR : La loterie est la chance. {Sophie Arnould.) Ensemble.

VICTOR, ERNEST et SAINT- FIRMIN.

Le sort nous réconcilie ; Ne songeons plus en ce jour Qu'à partager notre vie Entre la gloire et l'amour.

M. DE VERMEUIL, ADÈLE et COURTOIS.

Le sort vous réconcilie ; Ne songez plus en ce jour Qu'à partager votre vie Entre la gloire et l'amour.

COURTOIS, au public.

AIR : L'amour qu'Edmond a su me taire.

Par les traits lancés du parterre, Quelques auteurs à mort furent blessés; Ils ont payé tous les frais de la guerre. Dieu fasse paix aux pauvres trépassés !

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