SCÈNE III
VALDÉJA, seul, puis MOURAVIEF.
VALDÉJA.
Parcourons maintenant toutes ces lettres, (ii brise le cacLet
de l'enveloppe contenant les lettres d'Adèle.) Le billet de rupture
sans doute, (il lit.) « Je vous renvoie vos lettres ; mais je garderai le silence. Adieu. Rodolphe. » (parlant.) C'est court et d'un homme qui en a assez. Aux épîtres de madame maintenant. (Lisant.) « Mon ami, sans doute rien n'est plus doux... )■) (parlant.) Lcs fadaiscs obligées du premier moment. Passons. (Prenant une seconde lettre.) « On m'a empêchée
de sortir, nous ne pourrons nous voir... » (parlant.) Déclin de
la passion, (prenant la troisième lettre. — Lisant.) « En cédant à
tous vos désirs j'aurais dû prévoir que je serais malheureuse, et que, pour prix de toutes mes faiblesses, un jour vous me payeriez d'indifférence. » (Parlant.) Dénoûment obhgé ; des
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lieux communs, rion do plus. Celte femm3 est bien pauvre ; elle n'a pas même un style à elle, une manière à elle d'être vicieuse. Et voilà celle à qui Darcey est lié pour jamais; et quand je sais que mon meilleur ami est lâchement trahi... je ne peux ni ne dois l'avertir de la trahison! ^Réfléchissant.) Oui, il faut malheureusement qu'il ignore à jamais et l'affront et la vengeance... N'importe, vengeons-le toujours, nous verrons après. Allons trouver ce Rodolphe, (s'arrètant.j Mais si jc suGCombc... si je suis tué... Darcey continuera donc à être la dupe d'une perfidie que sa loyauté même l'empêche de soupçonner? Son nom et son honneur seront le jouet du monde? Non, non ! Moi mourant, je peux tout dire, je peux lui léguer la vérité : c'est le dernier devoir d'un ami. (il se met a la table et fait un paquet des lettres et du
portrait.) Holà ! Mouravicf! (Mouravief entre.) Approche, et écoute bien : si dans deux heures je n'étais pas de retour, tu porterais ce paquet ici à côté chez M. Darcey... dans deux heures, lu entends bien ? Pas avant.
MOURAVIEF
Oui, Excellence.
VALDÉJA.
Laisse-moi. (Mouravicf sort.) Me voilà plus tranquille. Maintenant occupons-nous de M. Rodolphe, (n omm une malle et en tire deux épées et une boite à pistolets.) C'ost n" 71, a dit madame de Laferrier ; il ne s'attend pas ù ma visite, ce cher monsieur.
SCÈXE IV.
VALDÉJA, LE DOMESTIQUE do l'hôiei, RODOLPHE.