ADÈLE, SOPHIE, AMÉLIE
Yaldéja !
VALDÉJA s'incline et salue, puis les regarde attentivement.
D'où vient donc, mesdames, le trouble où vous jette ma
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présence ? Aiirais-je, par hasard, dérangé quelques combinaisons nouvelles ?
SOPHIE
Non, monsieur, rassurez-vous.
VALDÉJA.
En effet, à voire joie mal déguisée, à votre physionomie radieuse, je vois que je n'ai rien empêché.
SOPHIE, ironitjuement.
Pourquoi ne supposez-vous pas que cette joie nous vient de votre présence, monsieur?
AMÉLIE, avec ironie.
Et du plaisir que nous avons à vous voir?
VALDÉJA, froidement.
J'en doute, on n'aime guère l'aspect d'un ennemi et d'un ennemi vainqueur.
ADELE, avec fierté.
Est-ce pour me braver, monsieur, que vous êtes venu chez moi?
VALDÉJA.
Non, madame; un tout autre motif m'y amène, et c'est au nom de M. Darcey que je viens vous parler.
ADÈLE
Au nom de mon mari !
AMELIE, bas et avec joie.
Quand je le disais !
ADÈLE
Que me veut-il ?
VALDÉJA.
C'est à vous seule que je puis le dire.
AMÉLIE
Nous renvoyer de chez loi ; le souffrirais-tu?
VALDÉJA.
Je viens pour éloigner le mal.
DIX ANS UE LA VIE d'uNE FEMME 207
Et vous restez avec elle?
AMÉLIE, rinnl.
Ah ! monsieur croit se venger en nous privant de l'entendre ; mais cette vengeance-là ressemble à une grâce.
SOPHIE
Moi... je serai moins généreuse, et bientôt, je l'espère, il nous entendra ; je l'y forcerai bien.
VALDÉJA.
Quand donc?
SOPHIE
Le jour, et il n'est pas éloigné, où je vous apporterai des paroles qui vous frapperont à mort.
VALDEJA, lui tendant la main.
Soit. Touchez là, et maintenant que c'est une affaire convenue et que nous sommes gens à nous tenir parole...
SOPHIE
Sans adieu ! sans adieu !
(eIIo sort avec Amélie.)